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Affaibli mais non terrassé

Trot Feature - Stéphane Bouchard

L’ascension de Bouchard vers les sommets des conducteurs s’est révélée un peu n’importe quoi mais non ordinaire.

Depuis ses débuts au Québec à ses séjours en Italie, à Woodbine puis aux États-Unis, Bouchard était un gagnant où qu’il aille. Puis survint le moment tragique. By Debbie Little // Traduction Louise Rioux

Stéphane Bouchard est un survivant, et malgré le fait qu'il ait connu un incroyable mauvais sort, il a persévéré, engagé qu'il était à demeurer dans l'industrie qu'il aime.

Trot a rencontré Bouchard en juin, presqu'un an après son catastrophique accident survenu à Saratoga Raceway, pour discuter de ses blessures, sa guérison et son avenir. Parlant avec Bouchard au Yonkers Raceway par le passé, la scène de tellement de ses triomphes en carrière, y compris cinq titres comme conducteur, a toujours été facile.

Mais ce soir-là fut différent. Difficile pour Bouchard d'être à Yonkers et de n'être pas derrière un cheval. Et même s'il essaie de demeurer positif pour son épouse, Ève Bergeron, et son fils de 16 ans, Sam, il ressent de la douleur tant émotionnelle que physique.

Durant toute sa carrière, Bouchard n'était jamais resté à un endroit très longtemps. Il a commencé à travailler pour l'entraîneur Pierre Touchette, puis pour Jean-Paul Gauthier au Québec. Lors du décès de Gauthier dans un accident de voiture, sa veuve a remis ses couleurs à Bouchard, qui les a portées tout au long de sa carrière.

Après l'obtention de sa licence en 1989, Bouchard a remporté la première victoire de sa carrière à Rideau Carlton puis a poursuivi, devenant un régulier à Blue Bonnets, à Montréal. En 1993, Bouchard reçut une offre d'entraîneur/conducteur à Rome, Italie, et il a saisi l'occasion. Après environ six mois, il est revenu à Blue Bonnets, mais en 1997, il est retourné en Europe, cette fois en Allemagne, et encore, il y est resté environ six mois.

À son retour d'Allemagne, il a passé l'hiver à Pompano où il fut remarqué par l'entraîneur Bill Robinson.

" Je ne l'avais jamais rencontré auparavant et j'ai gagné quelques courses à Pompano alors qu'il me regardait, puis il me dit 'Pourquoi ne viendrais-tu pas mener des chevaux pour moi à Woodbine?' et j'ai accepté bien sûr. J'ai parcouru le monde pour conduire des chevaux, donc pourquoi pas à Woodbine? Ce fut une décision facile, " dit Bouchard.

Mais le séjour de Bouchard à Toronto fut de courte durée car son bon ami, Daniel Dubé, lui suggéra de déménager à Yonkers en 1999. Bouchard avait le sentiment qu'il pouvait avoir confiance aux recommandations de Dubé, car il était responsable de l'avoir présenté à son épouse, Ève; alors Bouchard déménagea à Yonkers. En 2000, il reçut la Rising Star Award accordée par la U.S. Harness Tracks of America.

Mais rien n'avait préparé le natif de Saint-Urbain, QC , avant ou durant son règne à titre de Roi du Hilltop Oval, à ce qui l'attendait.

Bouchard, âgé de 51 ans, se souvient qu'en ce fatal après-midi de juin, il n'avait pas de mauvaises vibrations ou d'appréhension. C'était comme n'importe quel autre jour de course, jusqu'à ce que ça ne le soit plus.

" Je me rappelle du premier tournant. Puis je me vois dans les airs au-dessus de Dan Daley. Je le vois juste en dessous de moi. Ça n'a duré que quelques secondes, je suis tombé au sol et je me suis évanoui, " dit Bouchard.

Au tournant de l'enclos, Mister Miami, mené par Dan Daley, a trébuché et est tombé, et Bouchard, qui était à la queue du peloton aux guides de Sporty Big Boy, fut incapable d'éviter l'accident; il a été catapulté hors du sulky, fracassant son casque au moment où sa tête fa touché la piste.

" Il bougeait et était conscient, mais il n'était pas réellement là. J'ai regardé Kyle Spagnola et je lui dis 'Il ne va pas bien, nous devons l'empêcher de bouger, " dit Henry Westbrook Ill. L'entraîneur conducteur Westbrook et l'entraîneur Spagnola avaient été témoins de l'accident à partir de l'enclos, et ils furent les premiers à rejoindre Bouchard.

Bouchard se souvient de peu de choses avant qu'il ne soit placé sur civière et pris en charge pas l'ambulance, mais il se rappelle que Westbrook et Spagnola l'ont maintenu par terre sur la piste.

" Nous ne l'avons pas vraiment maintenu par terre mais nous n'avons jamais cessé de lui parler. J'étais inquiet pour sa tête, mais jamais je ne me serais attendu à la blessure qu'il s'est infligée, " dit Westbrook III.

" C'est difficile de penser à cela, mais avec le recul, en retournant en arrière, si nous ne lui avions pas porté assistance, je crois qu'il aurait essayé de s'asseoir, et c'est une très inquiétante pensée. Il était assez alerte qu'il aurait pu s'asseoir, " a-t-il ajouté.

Bouchard avait été impliqué dans quatre ou cinq autres accidents précédemment, y compris celui de 2003 arrivé au Freehold Raceway, alors qu'il a subi une mauvaise fracture à l'épaule ainsi qu'un collapsus pulmonaire, mais n'avait aucune idée de son mauvais état jusqu'à ce qu'il parle avec son médecin après son examen par résonance magnétique (IRM).

En plus d'une commotion, une côte brisée et une profonde entaille à la jambe, Bouchard avait la vertèbre C1 brisée et est chanceux d'être vivant et non paralysé.

Le chirurgien orthopédique, Dr Kevin Khalsa, a expliqué à Bouchard qu'il avait deux options : soit le halo ou la fusion.

" Le médecin recommenda la fusion à cause de la façon dont la C1 était cassée. Un morceau de la colonne vertébrale fut enlevé. Dieu merci, le morceau n'avait pas atteint la moelle épinière. Ils ont replacé cela, mais il y avait tellement de dommage qu'il dit que le halo avait une chance de réussite de 50-50. Si ça guérit bien, alors vous serez bien, mais si au contraire, cela ne guérissait bien, alors nous devrions réopérer. Ils ont donc replacé cela et inséré une plaque soudant les vertèbres C1 et C2. Aujourd'hui, la tête peut tourner à cause du halo, mais s'ils devaient recommencer parce que l'intervention n'a pas réussi, ce serait un problème, " dit Bouchard.

Au moment de son accident, Bouchard était encore sous le coup d'une grande émotion causée par le déçès de son fils aîné, né d'une relation précédente.

Olivier est décédé de la sclérose en plaques (SLA) - mieux connue sous le nom de la maladie de Lou Gehrig - en décembre 2016, quatre ans après avoir été diagnostiqué. Il n'avait que 26 ans.

" Il voulait tellement vivre. Il ne voulait pas mourir. Il a combattu la maladie jusqu'à la toute fin," dit Bouchard.

Tout comme Olivier, Bouchard a bataillé ferme pour guérir, et juste à cause du fait qu'il ne prenne aucun médicament anti-douleur, ne signifie pas que son rétablissement ait été sans douleurs.

Bouchard dit qu'environ trois mois après son accident, son médecin lui a expliqué la situation en termes très clairs.

" Mon médecin m'a dit 'Stéphane, la douleur est maintenant votre nouvelle amie, et pour la vie. Vous allez connaître de bonnes et mauvaises journées, mais la douleur est votre nouvelle amie. Vous allez devoir composer avec elle le reste de vos jours," dit Bouchard.

Après presque un an de physiothérapie, Bouchard bouge mieux de la tête par des mouvements de haut en bas, mais il ne regagnera probablement jamais la possibilité de pouvoir tourner la tête de gauche à droite.

Il avait aussi eu son dernier rendez-vous avec le Dr Khalso, la semaine précédant notre entrevue. Son médecin a réitéré la chance qu'il avait connue que sa situation ne soit pire.

Bouchard se rappelle que le Dr Khalsa lui ait dit ' Stéphane, vous ne connaissez pas votre chance'. Le médecin a poursuivi en lui expliquant qu'une blessure à la vertèbre C1 pouvait provoquer un arrêt respiratoire.

" Quand la C1 casse, c'est relié au diaphragme et vous pouvez en mourir sur-le-champ, alors je me considère très chanceux, " dit-il.

Moins de six mois après sa blessure, Bouchard a vu une annonce sur la page frontispice du site ustrotting.com annonçant une campagne de recrutement d'un ou d'une technicienne en ID pour la région de New York et Nouvelle-Angleterre.

Selon le technicien ID de l'USTA, le superviseur TC Lane, Keith Hamilton, allait prendre sa retraiteà la fin de 2017, et lui trouver un remplaçant s'annonçait pour être une énorme tâche.

" Notre travail est de placer les bonnes gens dans des situations pour prendre soin de notre membership, et de remplacer Keith après 43 ans, était vraiment, vraiment, vraiment une tâche colossale, et nous fait paraître comme la meilleure personne étant capable de remplacer Keith par un individu tel Stéphane. C'est la continuité du succès. Vraiment, dit Lane. "

Pour devenir Technicien en ID, on enseigna à Bouchard comment correctement prélever un échantillon de cheveu pour les tests d'ADN de même que la façon de raser le pelage du cheval et le congeler. On lui a également enseigné la façon d'installer une puce au cheval.

Bouchard s'est entretenu avec Hamilton à plusieurs occasions concernant les tenants et aboutissants de la tâche, et qui d'autre mieux que lui peut lui apprendre, lui qui a occupé le poste avec une telle excellence durant tout ce temps.

" Stéphane est un professionnel accompli. Vous pouvez absolument me citer sur cela. C'est une merveilleuse personne et je suis heureux qu'il assure ma succession, pour ainsi dire, " dit Hamilton.

Hamilton agit comme starteur sur semaine sur le Grand Circuit de Goshen Historic Track et les gens lui font savoir comment le petit nouveau s'en tire.

" Ils ont dit, 'le travail se fait, mais vous nous manquez.' Mais Stéphane fait bien le travail, " de dire Hamilton. "Je sais qu'il fait du bon travail. "

Bouchard aime son nouveau travail et est heureux de l'avoir trouvé, mais il a toujours en tête, le désir de pouvoir un jour, d'une certaine façon, retourner en piste.

" Je ne me pousse pas. Je n'ai pas d'objectif. Ni de date. Je suis le courant et il y a de bonnes personnes autour de moi qui vont en piste avec mes chevaux, et pour le moment, c'est très bien, " dit-il.

Bouchard a souvent couru contre Wally Hennessey à Saratoga, et il se souvient que le membre du Temple de la renommée lui a donné d'excellents conseils au cours des toutes premières étapes de sa convalescence.

" Je ne me souviens pas exactement de ce dont nous parlions, mais Wally me dit 'Stéphane, tu vas découvrir que la partie la plus difficile sera d'avoir le sentiment d'être oublié. ' Et il avait tellement raison, " dit Bouchard.

" Maintenant je marche dans l'enclos ou je vais à la piste et je me sens comme si je n'en faisais plus partie. C'est difficile d'envisager cela psychologiquement, pas physiquement, " a-t-il ajouté.

Lui et Ève possèdent trois chevaux que Stéphane fait marcher à l'enclos, et quand arrive un temps plus tranquille dans l'année quant à sa tâche de technicien, il aimerait avoir quelques autres chevaux de plus.

" Quand vous quittez selon vos propres termes, c'est correct, mais quand cela arrive pour tout autre raison, ce n'est pas facile. Un jour, j'aimerais bien mener un trotteur que je possède et gagner avec lui, puis prendre ma retraite, " dit-il.

Seul le temps le dira.

1 Comment

August 26, 2018 - 12:44 pmPeut-etre un jour tu vas

Peut-etre un jour tu vas pouvoir mener ton trotteur Stephane, mais ne presse pas ta guerison, tu sais un cheval qui a du mal, et tu l'envoi au repos, revient pour te faire plaisir. Prends ton temps nous te reverrons un jour, pas a Blue Bonnets mais a Saratoga. Bonne chance a toi et ta famille.Et si tu as besoin d'aide dans tes fonctions, sa me ferais plaisir de t'aider.


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