Le titre de cette chronique est une phrase accrocheuse que les Maple Leafs de Toronto (je ne sais pas si vous en avez déjà entendu parler?) ont utilisée dans le passé pour tenter de représenter leur équipe de hockey et ses partisans. Toutefois, considérant que presque tout ce qui entoure cette équipe — ses joueurs et sa direction, les médias qui la couvrent et les partisans — est complètement dysfonctionnel ces temps-ci, utiliser cette expression pour les décrire aujourd’hui relève du ridicule.
« La passion qui nous DIVISE tous » serait probablement plus juste à ce stade de l’histoire des Leafs.
Certains pourraient me dire qu’en tant que gens de chevaux, nous devrions éviter de lancer des pierres quand on habite une maison de verre, et il est vrai que, parfois, nous pouvons être un groupe divisé. Mais j’aime voir le verre à moitié plein, et certains événements récents me permettent de le voir aujourd’hui plutôt rempli aux trois quarts — même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.
Vous vous souvenez peut-être de ma chronique de février dans ces pages? Celle intitulée « Quand allons-nous tenir un sommet? »
En soulignant que les paris avaient chuté de 97 millions de dollars dans les courses de Standardbred au Canada au cours des deux dernières années, et que, semble-t-il, nos dirigeants ne faisaient rien pour y remédier, j’ai interpellé l’industrie. Et même si la chronique n’a pas été particulièrement mise en évidence sur notre propre site web, elle a circulé sur les réseaux sociaux et, en plus des 6 000 exemplaires imprimés, elle a été lue 1 200 fois en ligne.
Je suis heureux de dire que peu de temps après que la chronique ait commencé à circuler sur les réseaux sociaux, j’ai reçu des appels et/ou des messages de quatre dirigeants de l’industrie, qui m’ont tous assuré être bien conscients de nos problèmes liés à la baisse des paris, et m’ont parlé des initiatives en cours à ce sujet.
L’une de ces personnes était Pat Woods — directeur général de Winbak Farm of Canada, et administrateur aux conseils de Standardbred Canada et de la SBOA.
Pat m’a invité à une réunion tenue à Milton, en Ontario, à la mi-mars, où il a présidé et animé les discussions, et à laquelle j’ai participé avec environ 30 gens de chevaux et leaders de l’industrie. Les sujets abordés étaient importants et variés, et les idées ainsi que les solutions proposées étaient réfléchies et pertinentes.
Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est que nous sommes restés dans cette salle pendant plus de trois heures — des personnes que j’ai déjà vues s’opposer vivement sur des questions liées aux courses — sans qu’il n’y ait la moindre dispute. La rencontre était positive et très cordiale. Il n’y avait ni politique ni agenda caché. Chaque personne présente était là parce qu’elle est passionnée par notre sport et souhaite nous voir surmonter ensemble les défis actuels.
NOUS — les gens de chevaux — sommes ceux qui sont aujourd’hui unis par notre passion. Et cela me rend extrêmement fier.
Une autre chose qui m’a récemment démontré à quel point nous sommes passionnés comme groupe, c’est la réponse incroyable que nous avons reçue au sondage en ligne sur les paris, publié pendant quelques semaines au début et à la mi-mars sur le site de Standardbred Canada.
Au total, 635 sondages ont été complétés, mais ce n’est pas seulement le volume qui impressionne — ce sont les commentaires passionnés qui accompagnaient la grande majorité d’entre eux. J’ai vu les résultats de nombreux sondages durant mon passage à TROT, et les sections « Commentaires » sont très souvent ignorées — pas cette fois!
Les gens aiment profondément ce sport, et ils détestent le voir décliner. Cela était on ne peut plus clair, tant par le nombre de réponses reçues en peu de temps que par les commentaires et idées — parfois très détaillés — qui les accompagnaient.
Les résultats de ce sondage, ainsi qu’un certain nombre de ces commentaires, vous sont présentés dans un article de neuf pages qui débute à la page 28 de ce numéro. Certes, nous n’avons pas pu publier certains commentaires en raison de leur contenu, mais il est évident que nos lecteurs considèrent qu’il est essentiel de corriger la situation actuelle.
La passion pour notre industrie est bel et bien toujours présente — pour beaucoup d’entre nous.
Dans mon cas, lorsque j’ai pris un moment pour y réfléchir récemment, j’ai essayé de me souvenir du moment précis où cette passion est née… et la réponse m’est venue assez rapidement.
J’avais environ cinq ans, et ma famille venait tout juste de quitter un quartier résidentiel d’Ajax pour s’installer sur une ferme de 10 acres que mes parents avaient construite dans le nord de Pickering, avec une petite piste, une écurie de huit boxes et quelques paddocks. Les fins de semaine, nous aidions à l’écurie, et un matin, après l’entraînement, on m’a confié la longe d’un doux géant nommé Tough Stuff.
Âgé de cinq ans de plus que moi, il devait être marché à la main pendant 15 à 20 minutes avant de retourner à son box. J’ai fait ce qu’on m’avait demandé… et heureusement, lui aussi. Je mesurais à peine trois pieds, et cet immense trotteur me suivait dans la cour comme un chiot.
De mémoire, c’est là que tout a commencé. J’étais accro, et cette passion n’a fait que grandir depuis, grâce à de nombreux autres chevaux extraordinaires au fil des années. Bon… et grâce à des gens tout aussi extraordinaires.
Assez ironique… qu’il s’appelait Tough Stuff.
Des jours difficiles nous attendent, et des défis importants sont à relever, mais les gens de chevaux sont eux aussi faits d’une matière solide.
Je sais que si nous demeurons PASSIONNÉS et que nous restons UNIS, il n’y a vraiment aucune limite à ce que nous pouvons accomplir ensemble.
Dan Fisher
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