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Vous ne pouvez jamais atteindre le niveau de vos héros... ou le pouvez-vous?

Trot Feature - Randy Waples

Vers l’âge d’environ dix ans, mon père et un groupe de ses amis, s’en allaient vers Ottawa… je pense que ce devait être la première année des stakes

d’étalons en Ontario, ou autre chose. De toute façon, mon père y en emmenait quelques- uns et il me demanda si je voulais prendre l’avion et aller à Ottawa avec eux… Je n’avais jamais voyagé en avion auparavant. Alors me voici, alors que nous nous dirigeons vers l’avion dans l’une de ces grosses voitures avec les banquettes avant… Jack Kopas conduit la voiture, je suis à ses côtés, au milieu, et mon père est assis à côté de moi. Sur le siège arrière, sont assis Ronnie Feagan, Keith Waples et un légendaire homme de chevaux du sud-ouest de l’Ontario, du nom de Morley MacDonald… Je pense qu’il était le mentor de Bill Gale. J’y repense maintenant – pensez à cet homme. J’ai dix ans, et je ne sais pas que Morley MacDonald est membre du Temple de la Renommée et qu’il a connu une carrière digne du Temple de la Renommée…mais pensez-y bien, Jack Kopas – Temple de la Renommée. Ron Feagan – Temple de la Renommée. Ron Waples – Temple de la Renommée. Keith Waples – Temple de la Renommée - Ces hommes-là étaient mes héros, et j’ai beaucoup de difficulté à me placer au même niveau qu’eux. Vous ne vous comparez jamais à la même ligue que celle de vos héros, et c’est ce que tous ces hommes-là ont toujours été pour moi. Par Dan Fisher // Traduction Louise Rioux

« Je me rappelle avoir lu dans TROT Magazine, durant cette même période, soit au milieu des années 1970, qu’ils allaient créer un Temple de la Renommée Canadien des Courses de Chevaux, et je me souviens avoir pensé que Keith Waples était déjà tellement renommé qu’il allait en être un gagnant. Il avait déjà gagné le Jug (Strike Out) – 1972, ainsi que l’International (Tie Silk ) 1962…) il était déjà connu. Il apparaissait sur tous les tableaux de Greenwood. Il y avait aussi un tableau à mon école publique intitulé ‘Canada’s Greatest Sporting Heroes’, et Keith y apparaissait. Je me rappelle que je le montrais à tous mes amis en leur disant que je le connaissais, que je lui étais apparenté. Il était important pour moi, alors quand il n’y est pas apparu, dès lors, je me suis dit « Ho, comme ce sera difficile d’être admis dans ce programme de reconnaissance?’

« Puis il n’a même pas participé la deuxième année. Je suis adolescent à ce moment-là, et je vois qu’il faut trois années à quelqu’un comme Keith pour participer à cet événement. Cela m’apparaissait fou.

« Puis, vous regardez ce que mon père a fait. En 1977 je crois, mon père fut le premier homme à gagner un million de dollars dans une année en menant des chevaux. C’était tout un événement. Cela paraissait dans tous les journaux et partout à la télévision, etc. Puis en plus de tout ce qu’il faisait d’autre, l’événement Ralph Hanover arrive au début des années1980, et mon père n’y adhère toujours pas. Et je pense que c’est impossible qu’il n’y participe pas. Il est le meilleur meneur que j’ai vu jusqu’alors, et ce n’est pas avant 1986 qu’il s’y est impliqué… et encore, je pense comme c’est difficile d’accéder à cette place.

« C’est probablement la raison pour laquelle je n’ai honnêtement jamais pensé à m’y impliquer. C’est un endroit que j’ai vénéré toute ma vie, mais où je ne me voyais jamais entrer, »

Parlant de Ron Waples, le père de Randy, était-ce difficile d’être identifié au fils de la vedette et superstar homme de chevaux, ou est-ce que cela facilitait les choses? Était-ce difficile d’être le fils d’un de vos héros?

« Il était mon père, mais il était encore et aussi Ronnie Waples à mes yeux. Tout comme il l’était aux yeux de tous les autres. Il était celui qui exerçait sa magie sur la piste pour le plaisir de tous, et c’était un homme que tout le monde l’aimait. « Être son fils, n’était pas toujours facile, de certaines façons. Pourrait-on dire... qui est votre héros? Qui que ce soit, si vous étiez assez chanceux de connaître votre héros, et même encore plus chanceux de travailler pour votre héros, voudriez-vous le désappointer? Imaginez comme ce serait moche de décevoir votre héros. Personne ne veut désappointer son père, ou son héros – imaginez combien et doublement terrible ce serait s’il s’agissait de la même personne? Si votre héros devait vous parler fermement pour quelque chose, comme un père devrait le faire, imaginez comment le père se sentirait!

« J’ai commencé à travailler pour mon père à l’âge d’environ 13 ans. Je demeurais à Greenwood et travaillais pour lui. Il était le meilleur conducteur du temps. Il gagnait des courses à The Meadowlands et à Greenwood… il faisait même des allers retours entre Jersey et ici. Il était adoré, et il avait du temps pour tout le monde. Il était l’ami de tous. Il était une entité, tout comme Keith, mais de façon différente, puisque plus jeune. C’était l’homme, et il était mon homme. Je voulais juste être comme lui en piste et je voulais juste être comme lui hors piste. Lorsque j’ai eu 20 ans environ, je pense qu’il fallait s’attendre à ce que je veuille être comme lui, mais je n’y suis pas arrivé à ce moment-là. J’étais plus ou moins à un pas de devenir un hillbilly à ce moment-là. Je ne connaissais pas toutes les subtilités des courses ou leurs politiques. Alors j’étais plutôt un enfant terrible et j’étais toujours en problèmes. Je faisais quelque chose que je n’aurais pas dû faire et il me disputait pour cela… et il avait raison de le faire parce que je le méritais. Mais il était mon héros, alors cela me blessait. Je ne voulais tout simplement pas le décevoir. Ronnie Jr, mon frère, ne voulait pas cela non plus. Junior aurait pu voir plus d’attentes lui échoir à ce moment-là, par l’industrie, et non pas venant de nos parents, parce que son nom était Ron Waples Jr. J’ai été chanceux que mon nom ne soit que Randy. Mais Junior était plus stoïque, comme Keith. Il était comme une huître, il était un gars difficile à craquer. Je porte plutôt mes émotions sur mon dos, et quand vous vous faites réprimander par votre héros, c’est blessant.

« Ne vous méprenez pas par contre, nos parents n’ont jamais fait pression sur nous pour que nous devenions des hommes de chevaux à succès ou autre. J’ai me suis mis toute cette pression sur les épaules par moi-même. Mes parents ont toujours été formidables. La seule chose sur laquelle ils aient insisté fut d’être honnête, respectueux envers les aînés, et un travailleur acharné. Ils nous ont toujours dit que si nous faisions cela, alors de bonnes choses viendraient – et ils avaient raison. Quant à moi, je pense avoir fait toutes ces trois choses. Peu importe ce que quiconque peut penser ou dire, j’ai toujours été honnête avec les gens quand il s’agit de courses, d’achat et vente de chevaux de course… et j’ai toujours travaillé fort. Le compétitif Randy Waples peut bien ne pas toujours avoir été la personne la plus agréable dans le feu de l’action, mais c’est quelque peu différent. C’est la compétitivité en nous qui, je pense, fait le succès de quelques conducteurs. »

Parlant de ce succès, quels sont les noms des chevaux, et quels pourraient être quelques-uns des meilleurs souvenirs se démarquant chez Randy Waples et sur lesquels il réfléchit, suite à l’annonce de son intronisation au Temple de la Renommée Canadien des Courses de chevaux?

« J’ai eu la chance de mener un cheval tel No Sex Please pour le compte de mon frère à un jeune âge. C’est vraiment là où mon nom de famille a aidé.

« Toutes les victoires en San Pail sont mémorables. Les trois courses Maple Leafs Trots étaient de grandes courses mais cette victoire en Breeders Crown à Woodbine, sur les meilleurs chevaux européens, fut énorme. Je n’avais jamais entendu un bruit de foule aussi grand à Woodbine, et jamais je n’oublierai cela. Cette soirée pourrait bien toujours occuper le premier rang dans mes souvenirs.

« Une victoire en North America Cup avec Thinking Out Loud en est une autre. Mais gagner cette course pour un Membre de la Renommée comme Bob McIntosh était incroyable. C’était aussi son unique North America Cup, et d’être celui qui pouvait l’aider à l’obtenir rend la chose plus spéciale encore.

« La toute première grande victoire, soit la Canadian Pacing Derby avec Strong Clan, en est une autre qui se démarque. Ainsi que la soirée à laquelle j’en ai gagné trois grandes à Mohawk avec Control The Moment (Metro), State Treasurer (Canadian Pacing Derby) et LA Delight (Shes A Great Lady). Je pense que ce que cette soirée-là a fait, je veux dire autre que le fait d’avoir été bonne financièrement (rires), fut qu’elle m’a prouvé, à moi-même ainsi qu’à d’autres, que j’étais un bon conducteur, gagnant de grosses bourses. Je veux dire, oui, j’avais trois favoris, mais nous savons tous que les favoris ne gagnent pas toujours les grosses courses. Ces courses-là, étaient toutes rapprochées ce soir-là (7e, 8e et 10e) ), et ce n’est pas facile de garder la tête froide dans ces circonstances. Vous gagnez une grosse course, je pense que la Metro est arrivée en premier, et vous voulez aussitôt célébrer, mais vous devez garder la tête froide à ce moment-là. Ce serait comme marcher vers le 15ième trou au Masters alors que vous détenez une avance de cinq coups… vous ne pouvez pas célébrer trop vite. Ces grosses courses classiques ressemblaient à cela à mes yeux – c’est-à-dire comme gagner un gros tournoi de golf – j’ai toujours rêvé de voir mon nom inscrit sur autant de trophées comme ceux-là. Non pas pour l’argent… je veux dire que cela est important, personne ne dira que ce ne l’est pas, mais tout simplement parce que ces courses sont parmi nos plus importantes. Je n’avais jamais gagné un Metro ou une Shes A Great Lady avant cette soirée-là, mais elle s’inscrit définitivement au tout premier rang, » dit Waples. «Gagner ces trois courses la même soirée, pour trois différents entraîneurs, demeurera toujours un haut fait.

« Les quatre victoires en ‘Battle Of Waterloo’ se démarquent aussi pour moi. J’ai fait mon secondaire dans cette région, à Fergus, et après la Metro, c’est presque la course la plus importante du Canada pour les ambleurs de deux ans… le fait d’aussi les gagner, a été très significatif pour moi.

« Vous savez, je me souviens jogger des chevaux sur la piste de mes parents en 1977, rêvant d’être admis au temple de la renommée. Mais je n’ai pas vraiment connu de succès avant ’97, quelques années après être allé travailler pour Fred Hoffman – gratuitement. Fred a joué un très grand rôle dans mon succès. Il y a eu un moment où cela m’apparaissait impossible, à mes yeux, que cela n’arriverait jamais. Peut-être en 2005 ou aux environs, quelqu’un en a parlé, mais c’était presque trente ans après mon rêve… avant que quiconque ne me mentionne que cela pouvait arriver. Je pensais encore que c’était impossible.

« Je ne veux pas résonner comme si je me plaignais ou autre, mais je crois que je ne m’étais jamais vu comme une personne chanceuse, ou le type de personne voyant les choses positivement. Jamais je n’aurais tirer le bras d’une machine à sous et voir un lot de vingt-cinq sous tomber d’une machine, ou être le genre à acheter un billet de loterie gagnant. Je veux dire, je sais que je ne suis pas le premier conducteur à s’être engagé dans une bataille au paddock, » dit Waples en riant, « mais je suis assez certain que je suis le seul à avoir dû peinturer la clôture pour cela, » en référence à un incident d’il y a plusieurs années à Flamboro Downs, alors que le jeune conducteur fut puni pour ledit événement et dut peinturer les clôtures de l’ovale Dundas.

À la fin, toutefois, qu’importe comment il se perçoit, l’enfant qui a grandi dans l’ombre d’un père et d’un cousin au deuxième degré qui siégeraient probablement au comité Canada’s Mount Rushmore des hommes de chevaux Standardbred, a éventuellement trouvé sa propre voie – une voie qui l’a mené au même endroit que ces deux hommes, tout comme la plupart de ses autres idoles de courses. Randy Waples est maintenant un membre du Temple de la Renommée Canadien des Chevaux de Course.

« Je sais que je ne cesse de revenir sur ce sujet, mais tous ces hommes du temple sont mes héros. Même un gars comme Paul (Macdonell) qui a à peu près mon âge, mais de personnalité tout à fait différente… est quelqu’un avec qui je souhaiterais être en dehors de la piste, Paul et tous les autres… je souhaiterais que d’un simple tour de magie ils pouvaient me transférer quelque chose de leurs connaissances, lesquelles feraient de moi non seulement un meilleur conducteur mais une meilleure personne. Des gens comme Dave Wall et Brownie… des personnes que j’ai adorées en grandissant, et aujourd’hui, ils me disent ‘tu y es aussi’. Même des gars qui n’y sont pas encore arrivés… tels Little Greek (Chris Christoforou)… le jour de ses 50 ans, s’ils ne l’accompagnent pas, alors quelque chose ne va pas. Il est un meilleur conducteur que je ne l’ai jamais été. À mes yeux, Larry Walker devrait être au Temple de la Renommée ainsi que des personnes comme Garth Gordon et John Burns. Si Garth Gordon me tendait la main pour me féliciter de mon introduction, je serais modeste… car je crois qu’il m’est supérieur. C’est un grand homme de chevaux. Les gens n’en ont aucune idée.

« Je veux dire que j’ai aimé ma carrière et j’en suis fier et tout. Je veux encore conduire, et je sais qu’il me reste encore quelque chose de bon en moi, si quelqu’un voulait faire appel à mes services, mais quoi qu’il en soit, je suis très fier et modeste quant au fait qu’encore des gens pensent que ma carrière est digne de cet hommage. Je ne sais vraiment pas si une personne peut un jour être digne de ses héros.

« Par contre, je ne pense pas être la seule personne à réagir ainsi. Regardez Wayne Gretzky – chaque fois que quelqu’un lui disait qu’il était le meilleur, il le niait et disait que son héros, Gordie Howe, était le plus grand. Je pense qu’on ne peut être au-dessus de ses héros. »

Lorsqu’on lui rappelle qu’il est vraiment digne du temple de la renommée maintenant, tel que jugé par ses pairs, et qu’il est aussi, lui-même plus que probablement le héros de quelqu’un, Randy répliqua, « Oui, il y a probablement une personne là-bas… ma mère. Voilà mon héroine. »

Félicitations Randy!

Cet article a été publié dans le numéro de juin de TROT Magazine.
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