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Tout à fait “ le bon camarade”

Trot Feature: Rob Fellows

Grâce à la formidable équipe derrière lui ainsi qu’aux récents exploits de noms connus tels que Warrawee Vital (p,3,1:47.1 ; 447 506 $) et Logan Park (3,1:52.2s, (489 372 $), l’année 2021 s’est révélée l’une des meilleures années de la carrière de l’entraîneur Rob Fellows - mais ce n’est certainement pas arrivé du jour au lendemain.

Non, tout a commencé avant le 10e anniversaire de Rob, lorsque ses parents lui ont dit de ne pas s’approcher du terrain d’exposition de Port Perry, car « il y avait beaucoup de chevaux là-bas. » Par Dan Fisher // Traduction Louise Rioux

Grâce à la formidable équipe derrière lui ainsi qu’aux récents exploits de noms connus tels que Warrawee Vital (p,3,1:47.1 ; 447 506 $) et Logan Park (3,1:52.2s, (489 372 $), l’année 2021 s’est révélée l’une des meilleures années de la carrière de l’entraîneur Rob Fellows - mais ce n’est certainement pas arrivé du jour au lendemain. Non, tout a commencé avant le 10e anniversaire de Rob, lorsque ses parents lui ont dit de ne pas s’approcher du terrain d’exposition de Port Perry, car « il y avait beaucoup de chevaux là-bas. »

Un après-midi, alors que Rob Fellows avait 10 ou 11 ans, il s’est rendu à son endroit préféré - le terrain d’exposition de Port Perry - dans l’intention d’accompagner son ami, l’entraîneur John Young, aux courses de l’hippodrome de Garden City à St. Catharines. « John avait inscrit l’un de mes chevaux préférés, Alto Brigade, ce soir-là, et mes parents m’avaient autorisé d’y aller », se souvient M. Fellows, avec un sourire malicieux et une étincelle dans les yeux, tout comme s’il expliquait quelque chose qui s’était produit la semaine dernière. « John était l’oncle de Bob Young, et j’avais l’habitude de traîner dans son écurie et d’aller aux courses avec lui, tout le temps. Mais cette fois, il m’a dit que je devais m’en abstenir... il a dit qu’il passait la nuit là-bas après la course et que je devais m’abstenir. Je me fichais qu’il passe la nuit là-bas... Je lui ai dit que mes parents s’en ficheraient aussi et que je voulais vraiment y aller. La réponse était toujours ‘non’, alors quand il est parti avec le camion et la remorque, je l’ai suivi sur mon vélo, et quand il s’est arrêté à la station-service en bas de la route pour faire le plein, j’ai caché mon vélo près de la pompe à air et je me suis faufilé dans la remorque et je me suis assis sur le sol devant le cheval. »

Environ 50 ans plus tard, alors que je passais une matinée avec Rob dans sa magnifique ferme située juste au nord du Woodbine Mohawk Park, certaines choses me sont rapidement apparues évidentes : cet homme aimait sa famille et en parlait souvent, il avait beaucoup de bonnes idées et d’opinions sur la façon d’améliorer les courses attelées qu’il n’hésitait pas à partager, il aime son gagne-pain et il en est tout aussi passionné par son sport, depuis toutes ces années qu’il l’était à cette époque, qu’il ferait tout pour l’aider à prospérer.

« John a quitté l’autoroute après environ 30 minutes ce jour-là, alors je savais que nous n’étions pas encore arrivés à la piste », se souvient Rob. « Je me suis dit que nous n’étions qu’aux alentours d’Oshawa, et mon père était flic dans cette région, donc je savais que je devais rester caché, sinon John pouvait simplement me déposer au bureau de mon père ou autre. La fois suivante où nous avons ralenti, je pouvais dire que c’était pour payer le péage qu’ils avaient l’habitude de faire payer pour traverser le Burlington Skyway, alors je savais que j’étais bon », sourit-il encore. « Quand on est arrivés à la piste, il a lâché la rampe et m’a vu, il était furieux. Il a crié quelque chose comme « Qu’est-ce que tu fais ici ? » et je lui ai dit que je voulais venir courir avec lui. Je n’ai vraiment rien pensé de tout cela », partage-t-il, « Je savais simplement que je voulais être près des chevaux et aux courses à chaque occasion qui se présentait.

« Le pire dans toute cette expérience, c’est que mes grands-parents n’habitaient pas loin de Garden City et John les a appelés... ils sont venus me chercher et mon grand-père a appelé mon père, lui a raconté ce qui s’était passé, et il m’a ramené à Port Perry le lendemain matin. Mon père était furieux, mais moi aussi, parce que je n’avais pas pu voir la course de chevaux... c’était tout ce qui m’importait vraiment.

« Je traînais dans toutes les écuries des terrains d’exposition, et j’aidais tout le monde, j’ai donc beaucoup appris. Ted Wilson a été la première personne que j’ai rencontrée là-bas et il est resté un ami depuis toujours. Je l’ai rencontré à l’âge de 10 ans, il a fini par deve-nir mon professeur principal au lycée quelques années plus tard, j’ai travaillé pour lui pendant quelques années après avoir terminé le lycée, et j’ai encore des chevaux pour lui aujourd’hui... c’est un peu fou d’y penser, mais c’est une amitié qui dure depuis 50 ans », se souvient M. Fellows avec émotion.

Rob Fellows est un fonceur. Il était comme cela dès l’âge de 10 ans et il l’est encore aujourd’hui. S’il veut faire quelque chose, il le fait. S’il ne sait pas comment s’y prendre, il l’apprend. C’est une excellente façon d’être et cela l’a bien servi dans cette vie.

« À l’âge d’environ 16 ans, mes parents ont décidé que nous allions déménager à Kingston... Mais pas question pour moi de démé-nager à Kingston. Il me restait une dernière année de secondaire et je n’allais pas quitter Port Perry. J’avais un emploi dans une station-service et je louais une vieille maison sur Scugog Island pour 225 $ par mois. Mon père s’est moqué de moi et m’a dit : « Tu vivras à Kingston avec nous d’ici Noël », mais j’étais certain que cela n’arriverait pas, dit-il, avec son même sourire malicieux réapparaissant sur son visage.

« Il y avait quelques places de stationnement supplémentaires qui appartenaient à cette maison, alors je les louais aux gens pour me faire un peu d’argent. Tous mes amis étaient aussi de cet âge, où ils se disputaient souvent avec leurs parents. À l’époque, les parents vous mettaient à la porte », dit-il en riant, « alors mes amis venaient vivre avec moi pendant un certain temps. Certains d’entre eux participaient un peu au loyer... s’ils avaient de l’argent. On s’amusait beaucoup dans ce vieil endroit. »

Cependant, travailler dans une station-service n’était pas ce que Rob avait en tête pour lui-même à long terme. Finalement, après avoir terminé ses études, il a commencé à travailler à plein temps, en entraînant des chevaux, dans la ferme de son mentor, Ted Wil-son. « J’ai travaillé pour Ted pendant deux ou trois ans, à débourrer des bébés et en entraînant des chevaux pour les faire courir à la ferme qu’il avait achetée. Comme il enseignait au lycée, il était surtout là pour aider les week-ends et l’été. Ted a eu une grande influ-ence dans ma vie, mais après quelques années, j’ai décidé qu’il était temps pour moi de partir, alors j’ai poursuivi mon chemin. »

« Je voulais aller en Floride pour chercher du travail, mais c’est assez difficile de s’y rendre sans voiture ou sans beaucoup d’argent, alors j’ai trouvé un de ces endroits qu’ils avaient à l’époque où ils vous payaient pour conduire la voiture de quelqu’un dans le sud pour eux. Ils m’ont confié la voiture et la moitié de l’argent à l’avance... vous aviez une semaine pour amener la voiture là-bas et quand vous la livriez, vous receviez le reste de l’argent. Je ne voulais pas gaspiller l’argent en hôtels et je savais que je n’aurais aucun moyen de me déplacer une fois sur place, alors j’ai conduit directement... ça m’a pris 24 heures ou quelque chose comme ça, mais j’ai pu utiliser la voiture pendant cinq ou six jours après mon arrivée. »

« Je suis allé directement à Pompano et j’ai dû me renseigner un peu, mais finalement Keith Waples m’a donné du travail. J’ai trouvé un endroit où loger et je faisais l’aller-retour en vélo tous les jours. J’étais sur mon vélo à un feu rouge ou autre et je parlais ou disais bonjour à toutes les personnes qui traînaient dans mon quartier. Un jour, quand j’ai dit à quelqu’un où j’habitais, il m’a dit : « C’est un très mauvais quartier.» Ils m’ont dit de m’assurer de bien verrouiller les portes de ma voiture lorsque j’étais arrêté à un feu rouge », dit-il en riant. « Je ne savais pas que c’était un mauvais quartier. Avec le recul, je ne savais vraiment pas grand-chose... Ce n’était pas comme si j’avais de l’argent qu’ils pouvaient me dérober de toute façon. »

Après une saison à Pompano, le jeune homme a décidé qu’il était temps de rentrer au Canada pour voir ce qui l’attendait. Mais même ce voyage de retour s’accompagne d’une autre histoire amusante.

« J’ai cherché dans cette même entreprise et j’ai trouvé une voiture qui devait venir du nord », partage-t-il, « et je crois que j’ai parlé à ce type dans le backstretch et je lui ai dit que je rentrais au Canada. Je ne le connaissais pas vraiment... c’était Blaine, le frère de Harold Stead. Quoi qu’il en soit, je lui ai dit qu’il pourrait certainement faire un bout avec moi. Nous roulions sur l’Interstate et je finis par lui demander pourquoi il quittait Pompano pour aller au Canada. Il m’a dit qu’il avait été jeté hors de la piste parce qu’il avait sorti un couteau sur un type ! J’étais comme, dans quel pétrin me suis-je mis ? J’étais terrifié... J’étais juste un enfant et ce type était un homme [rires]. Je voulais juste le faire descendre de la voiture, alors j’ai roulé directement vers Windsor Raceway, où il allait, aussi vite que possible. Puis nous sommes arrivés à Windsor et les types pour lesquels il voulait travailler avaient déménagé leur écurie à Flam-boro, alors j’ai été coincé avec lui pendant un certain temps encore pour le conduire là-bas », raconte M. Fellows, qui rit maintenant de ce souvenir qu’il n’avait pas trouvé très drôle alors.

De retour en sol canadien, Rob se rendit ensuite à Kingston pour voir ses parents, et pendant un certain temps, il occupa un emploi en dehors du monde des chevaux. « Pendant cinq ou six mois, j’ai eu un emploi de vendeur de voitures. J’étais plutôt bon dans ce do-maine... Je me souviens avoir gagné 1 800 dollars par mois, ce qui était plutôt bien payé. Mais de toute façon, je passais tout mon temps à l’hippodrome [Kingston Park Raceway] et lorsque Teddy Huntbach m’a proposé un emploi avec les chevaux, je l’ai accepté. J’ai toujours été destiné à être avec les chevaux », se vante-t-il.

« C’est là que j’ai rencontré Yolanda, elle y travaillait pour Larry Staley pendant ses études à l’université Queen’s », sourit Rob en évoquant le nom de la femme, son épouse, qui, selon lui, fait absolument tout pour lui.

« Ou, tu as vraiment gagné la loterie là », de dire le cavalier et ami de longue date, John Holmes, qui s’est approché et s’est joint à la conversation. « Je ne peux pas imaginer ce qu’elle a pu voir en toi en premier lieu », dit Holmes en clignant de l’œil.

Alors que l’ami de Rob se moque de lui, Yolanda passe par hasard dans le bureau de la ferme pour prendre quelque chose, et quand elle repart, Holmes dit : « Tu sais, tu devrais vraiment te pencher et embrasser le sol où elle marche, mon ami ». Fellows ne rit même pas de cette plaisanterie.

« Je serais perdu sans elle », dit Rob très sérieusement. « Elle fait tout pour moi. Je ne suis entré qu’une seule fois dans une banque en 21 ans », dit-il en riant. « Je le sais parce que j’ai dû y aller pour signer quelque chose récemment et les femmes de la banque ont fait tout un plat de ma présence. Elles ont regardé les vieux papiers et m’ont dit que la dernière fois que j’y étais allé, c’était en l’an 2000. Bon sang, je ne sais même pas comment utiliser une carte de guichet... Je ne plaisante pas quand je dis que Yolanda fait tout. »


Yolanda, Rob, Lovemyrockinbird, Stacy Durand and Jennie Robinson

Depuis qu’ils se sont rencontrés au Kingston Park Raceway, ils n’ont jamais cessé de former un couple. « Nous avons toujours été en-semble depuis », sourit Rob. « Nous avons tout fait ensemble.»

« Après avoir travaillé pour Teddy pendant un an environ, Yolanda et moi avons monté notre propre écurie, et nous sommes rapidement arrivés à une douzaine de chevaux, mais c’étaient tous des chevaux bon marché... des chevaux à 1 500 dollars. Nous savions que nous ne pourrions pas gagner beaucoup d’argent avec eux. Elle avait encore quelques années d’études à terminer à Queen’s, alors elle a continué, et je suis allé dans le sud de l’Ontario où j’ai trouvé un emploi avec Norm McKnight Jr, qui était à l’écurie à Flamboro. Norm était l’un des meilleurs cavaliers que j’ai jamais connu... il pouvait tout faire lui-même. Quand je suis arrivé là-bas, j’avais amené un de nos chevaux avec moi, un cheval Senor Skipper nommé Ontariario. Je l’ai vendu au propriétaire de Norm, War Dare [Ross Warriner], mais il n’a jamais gagné d’argent. J’ai travaillé pour Norm pendant quelques années et nous nous sommes même plutôt bien débrouillés avec certains chevaux que nous possédions ensemble. »

« Quand je suis parti de là-bas, je suis allé travailler pour Tony Kerwood. C’est drôle, mais Tony et David Smith étaient de bons amis... pendant ces années, j’ai un peu traîné avec ces gars-là et Smitty vivait juste ici, à la ferme où Yolanda et moi vivons maintenant. Qui aurait pu savoir, il y a 35 ans, quand je traînais ici avec ces gars-là, que nous serions un jour propriétaires de cet endroit ? »

Mais ce n’est pas si surprenant, car comme nous l’avons dit, Rob Fellows est un fonceur. Il est aujourd’hui propriétaire de cette même ferme, ainsi que d’une autre ferme de chevaux de race Standardbred à Rockwood, où lui et sa famille exploitent également une installation de remisage sur la même propriété. Il se souvient que son grand-père lui avait dit, il y a de nombreuses années, qu’avec l’augmentation du coût de la propriété, il devrait probablement être locataire toute sa vie - ce qui le fait bien rire aujourd’hui.

« Yolanda et moi avons tout fait en équipe, et nous nous sommes bien débrouillés en cours de route. Nous possédons un peu de pro-priétés immobilières ici et là et nous avons un centre d’entreposage assez prospère à Rockwood. Lorsque nous nous sommes lancés dans cette activité il y a un peu plus de 10 ans, nous n’y connaissions rien, alors nous avons engagé quelqu’un venu nous rencontrer et nous donner une analyse complète de la situation, y compris une étude économique sur les raisons pour lesquelles l’entreprise pouvait fonctionner ou non dans la zone où nous souhaitions l’installer. Après avoir reçu son rapport, nous avons décidé que cela valait la peine d’essayer et nous avons présenté le plan d’affaire à la banque. Nous avons dit : « Nous avons besoin d’un million de dollars » et ils ont dit «OK». Un an plus tard, après avoir démarré et investi une grande partie de nos économies, lorsque nous avons demandé l’argent à la banque, ils nous ont répondu que l’économie s’était effondrée et qu’ils ne nous accorderaient pas de financement... Nous ne savions que faire. »

« J’étais littéralement dans le bâtiment de la municipalité un jour discutant avec quelqu’un qui était là pour payer une facture ou quelque chose comme ça. Il vivait à côté de chez nous et nous nous étions vus, mais jamais rencontrés. Je lui ai parlé de notre situation et nous avons sympathisé et échangé nos numéros... il m’a appelé plus tard dans la journée parce qu’il voulait nous rencontrer, et pour faire une histoire courte, disons que nous avons conclu un accord pour le financement – ce soir-là. »

« C’était la chose la plus folle, que nous soyions là, tous les deux, à ce moment précis et que nous nous rencontrions. Qui sait pour-quoi ces choses–là arrivent, les personnes que vous rencontrez à ce moment-là… comme si cela devait tout simplement arriver je sup-pose, » dit-il en haussant les épaules.

Les choses de ce genre sont-elles simplement « censées arriver » ? Il semble que dans la plupart des cas, les gens créent leur propre chance - elle ne la trouve pas par hasard, n’est-ce pas ?

« Nous avons également eu la chance d’élever trois enfants formidables qui nous ont aidés tout au long de notre parcours... et maintenant, nous avons aussi deux petits-enfants », dit-il fièrement.

« Chanceux » d’avoir élevé trois beaux grands enfants, n’est-ce pas ? Hmmmm ? N’était-ce que de la chance ?

« Notre fils Kyle entraîne ses propres chevaux et travaille également avec nous tous les jours. C’est un très bon cavalier à part en-tière. Notre fille Jaimi faisait toutes les interviews pour le CEW et elle est maintenant mariée à Curtis MacDonald. Ils ont leur entreprise, Cujo Entertainment, et s’en sortent bien. Ils nous ont donné nos petits-enfants Lennon et Lincoln. Notre plus jeune fille, Tiana, vient de terminer l’université et sera enseignante... je pense », dit-il en riant.

La vérité est que la plupart des personnes qui ont passé du temps avec Rob Fellows au cours des 30 - 40 dernières années savent ceci : non seulement c’est un très bon cavalier, mais c’est aussi une très bonne personne. Un point c’est tout. Et grâce, en partie, à l’arrière de l’hippodrome, un élément de base des courses de chevaux qui n’existe pratiquement plus en Ontario, beaucoup de gens connaissent Rob et savent exactement quel genre de personne il est.

« Je donnerais n’importe quoi pour qu’on puisse à nouveau ouvrir les quais arrière des pistes », soupire Rob. « C’est la chose que je souhaite le plus avoir encore. Tout le monde connaissait tout le monde parce qu’on changeait d’écurie à tous les quelques mois environ, et pendant que vous étiez à l’écurie à côté de quelqu’un, vous faisiez des choses avec lui. Vous alliez déjeuner ou alliez au match des Leafs... ils devenaient vos bons amis. Ensuite, vous changiez d’écurie et deveniez de bons amis avec vos nouveaux voisins. C’était une chose vraiment unique que nous avions et je pense que cela manque à notre sport plus que la plupart des gens ne le réalisent. »

Alors pourquoi ne pas demander l’avis de quelqu’un qui connaît Rob Fellows ? Peut-être quelqu’un qui l’a rencontré dans le back-stretch il y a des années. John Holmes s’est rapidement moqué de Fellows ce matin-là à la ferme de Rob, mais au téléphone quelques jours plus tard, sans la présence de Rob, il a pu parler un peu plus sérieusement.

« Rob est de la pure classe. » Holmes partage son avis en toute sincérité. La plupart des gens n’ont aucune idée de la bonté de cet homme... parce qu’il ne veut pas de notoriété. Je veux dire, des choses comme oublier une facture à un propriétaire dont le cheval était tombé, ou une variété d’autres gestes gentils qu’il a posés au fil des ans... parce qu’il y en a eu beaucoup. Il n’a jamais oublié d’où il venait ni comment il avait commencé, et c’est pour cela qu’il s’est toujours occupé de la jeune génération. Quand j’étais un jeune con-ducteur à l’OJC, si son meilleur gars choisissait son cheval, il laissait souvent monter un gars comme moi... il donnait une chance à un jeune. Et si vous terminiez n’importe où, même de loin, il vous réinscrivait la semaine suivante.

« Je ne dirais jamais ça à la légère, et je sais que l’ère Bill Wellwood est révolue, mais pour moi, Rob Fellows est ce qui s’en rap-proche le plus », déclare John sans ambages.

Un grand éloge, certes, mais de l’avis général, l’homme a réussi sa vie de famille, ses réalisations professionnelles et la réputation dont il jouit chez ses pairs. Que peut-il y avoir de plus ?

« Je regarde en arrière », dit M. Fellows, « et je n’arrive pas à croire que tout passe si vite. C’est une vie bien remplie, les courses de chevaux, et puis quelques enfants arrivent, puis 30 ans s’envolent et vous êtes grand-père », sourit-il. « Ce qui est vraiment fou aussi, c’est cette maison », en montrant la maison familiale des Fellows de l’autre côté de la cour, « où nous avons eu des moments fous avec nos amis comme Kerwood et Smitty, c’est la même maison où maintenant nous faisons sauter nos petits-enfants sur nos genoux. »

« Je repense à un propriétaire comme Ed James, et à ce qu’il a fait pour nous. Un jour, il arrive dans sa voiture et dit qu’il veut nous donner quelques chevaux à entraîner, et l’instant d’après, vous entraînez un cheval comme Hyperion Hanover. Ed James a fait beaucoup pour nous, car grâce à son aide, les gens ont vu que je pouvais entraîner un bon cheval. Ensuite, quelqu’un comme Synerco Ventures obtient des chevaux avec vous et des gens comme Blair Corbeil finissent par arriver aussi. Cela fait une telle différence d’avoir de bons propriétaires. »

« En ce qui concerne les chevaux mémorables, nous avons eu la chance d’en avoir un certain nombre, mais nous avions un petit cheval nommé Hussy Chaser qui restera toujours l’un de nos favoris. Ce n’était qu’un petit cheval, mais c’était aussi un étalon, et il était un peu sauvage » dit l’enfant quelque peu sauvage s’étant caché dans une remorque à chevaux pendant plus de deux heures juste pour pouvoir aller aux courses à Garden City le soir même.

« Hussy Chaser n’était qu’un cheval réclamé, mais nous l’avons eu pendant sept ou huit ans et il a gagné plus d’un demi-million de dollars. Il nous semblait que chaque fois que nous ne savions pas d’où viendrait notre prochain paiement hypothécaire ou quelque chose comme ça, il se présentait et faisait une grande course, juste au moment où nous en avions le plus besoin. Nous ne l’oublierons jamais pour ça. »

La carrière de Rob comme entraîneur compte désormais 1 483 victoires, plus de 23,2 millions de dollars en bourses et un titre d’entraîneur aux WEG qu’il a partagé avec Ben Baillargeon en 2008.

« C’est drôle mais on arrive à un certain âge et on regarde en arrière toutes les personnes et les chevaux qui sont entrés dans notre vie dans ce métier pour une raison ou une autre... ceux qui nous ont le plus aidés. Je me demande vraiment comment et pourquoi cer-taines de ces choses sont arrivées. Était-ce simplement le destin ? »

C’était peut-être le destin. L’ami de toujours, le mentor et le propriétaire qui est toujours avec lui aujourd’hui, Ted Wilson. La femme extraordinaire qu’il a rencontrée à Kingston et épousée, et qui est tout pour lui depuis. La merveilleuse famille qu’il a élevée avec elle. Le partenaire commercial qui est apparu un jour. Les nombreux bons propriétaires qui l’ont soutenu au fil des ans. Tous ses pairs qui parlent si bien de lui. Et ainsi de suite, ainsi de suite, ainsi de suite.

C’est peut-être le destin, mais il y a un modèle qui s’est développé ici, et qui s’appelle « les bonnes choses arrivent aux personnes, motivées, et qui travaillent fort. » Peut-être qu’en fait, c’est ce que c’est.

Quoi qu’il en soit, à la fin de la journée, il y a une chose dont Rob Fellows est certain. « J’aime tout simplement notre sport. Je l’ai toujours aimé, je l’aimerai toujours, et je ferais absolument n’importe quoi pour lui. »

Ne te retourne pas maintenant Rob, tu l’as déjà fait.

Cet article a été publié dans le numéro de janvier de TROT Magazine.
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