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Karoline and Cabbie

Trot Feature

PROBABLEMENT que l’une des règles les plus courantes non-écrites des courses sous harnais, va ainsi : « c’est une industrie, alors ne vous attachez pas trop à vos chevaux. »

Toutefois, plusieurs participants de l’industrie pensent que ce ‘règlement’ est faux… Car cette industrie n’en est tout simplement pas une, je le sais, vous le savez, et nous le savons tous. Nous savons tous que c’est un style de vie, c’est un style de vie de prendre soin de ces étonnants athlètes équins jour après jour, faisant passer leurs besoins avant les nôtres, et s’assurant qu’ils sont bien nourris et entraînés avant que certains d’entre nous ayons pris notre premier repas de la journée. C’est un style de vie que de savoir que s’il ne vous reste que 20 $ à votre nom, vous les utiliseriez pour nourrir votre cheval avant vous, parce que vous les aimez plus que vous-même. Par Rachel Oenema // Traduction Louise Rioux

Quand vous pratiquez ce style de vie, il est presque impossible de ne pas s’attacher à ces chevaux avec lesquels nous passons chaque jour de nos vies.

Karoline Nielsen est l’une des personnes les plus passionnées de cette industrie, et elle est totalement d’avis qu’il est presque impossible de ne jamais s’attacher à aucun des chevaux desquels l’on prend soin.

Le parcours de Nielsen dans le monde des Standardbred ne lui vient nullement du fait d’être née et d’avoir grandi dans cette industrie. Son voyage, qui a débuté à huit heures de l’autre côté de l’océan Atlantique, soit au Danemark, en est un avec lequel elle ne voulait absolument pas avoir à faire, soit les Standardbreds – au début.

« J’avais l’habitude de monter des Thoroughbreds pour ma tante, je n’avais vraiment aucun intérêt pour les Standardbreds. Après mes études secondaires, j’avais besoin d’une année pour décider de ce que je voulais faire, et l’époux d’une collègue de travail de ma mère était entraîneur de Standardbreds et il mentionne qu’un entraîneur du même centre d’entraînement était à la recherche d’aide, » d’expliquer Nielsen.

« J’ai commencé à travailler pour lui et j’y suis restée une année entière, mais au cours de cette année-là, jamais je n’ai fait courir un cheval. Mes tâches étaient d’atteler, laver, nettoyer les stalles. Pas plus que je ne sois jamais allée aux courses. Je me souviens lui avoir dit que je n’avais aucun intérêt pour les Standardbreds parce que je trouvais cela ennuyant, » dit-elle en riant. « Mais je lui dis aussi que s’il voulait que je fasse travailler les chevaux, je pourrais les mener pour lui – et je me suis retrouvée débourrant tous ses chevaux à monter pour lui, et j’ai plutôt mené tous ses chevaux plutôt que les jogger. »

Toutefois, un trotteur difficile de l’écurie Arvid Olsen, là où Caroline était employée, lui fournit une raison pour commencer à visiter l’hippodrome.

« Lorsque je travaillais précédemment avec les Thoroughbreds, je rêvais de devenir conductrice amateure. Au Danemark, il y a une formation obligatoire que vous devez suivre pour obtenir votre licence de conducteur d’un Standardbred. Je l’ai suivie et j’ai obtenu ma licence en septembre 2011 mais je n’ai pas conduit en course avant avril 2012, et c’était seulement parce que nous avions un cheval qui ne pouvait pas rester à plat sur le bicycle, alors mon entraîneur voulait qu’il essaie et courre sous selle.

« Dès que j’ai commencé à courir en courses, je suis immédiatement tombée en amour avec cela, « se souvient-elle humblement. »

Alors que les courses sur selle sont encore à la recherche de popularité en Amérique du Nord, c’est une forme valorisée de course alternative dans les pays européens.

« Au Danemark, il y a plus de 100 coureurs et environ trois à quatre courses RUS par semaine, » d’expliquer Karoline.

C’est grâce à son amour de la course montée et des médias sociaux, que Karoline est entrée en contact avec quelques conducteurs RUS canadiens alors qu’elle vivait toujours au Danemark.

« Je conduisais depuis déjà quatre ans quand je suis entrée en contact par Instagram avec quelques-uns des conducteurs RUS d’ici. Une des filles me dit que je devrais venir leur rendre visite et courir quelques courses ici. Je suis venue ici pour une durée de deux semaines et je suis restée avec Pam Forgie à Clinton. À la fin de mes deux semaines, j’étais tellement triste de devoir rentrer à la maison. Non pas que je n’avais rien à laisser à la maison, j’avais un appartement, un poste dans un commerce de détail, j’avais tout à la maison. Mais, j’y suis retournée et quitté mon emploi, remis mon appartement et je suis déménagée ici pour travailler avec les Standardbreds, » dit Nielsen en toute confidence quant à sa décision.

« Je suis restée avec Pam durant un an alors que je suis déménagée ici, mais Clinton et Godrich étaient trop petites pour moi, je suis donc redéménagée à Cambridge et j’ai commencé à travailler pour Tony O’Sullivan. Après avoir travaillé pour Tony, j’ai commencé à travailler pour mon copain éventuel, Nick Gallucci. »

Peut-être est-ce ici que Karoline a réellement commencé à ressentir les effets d’une des plus étonnantes expériences au monde – soit de tomber en amour avec un cheval de course.

« Docs Sausalito alias ‘Saucy’ fut le premier Standardbred que j’ai possédé en partenariat... je détenais 10% d’elle avec Nick. Elle était extrêmement mauvaise envers la plupart des gens, » dit-elle en riant, « mais pour quelque raison que ce soit, j’avais une grande connexion avec elle. Je l’aimais et elle m’était très spéciale. Elle n’était réellement pas un bon cheval avec lequel être, elle n’était pas un cheval avec lequel quiconque pouvait faire à peu près ce qu’il voulait avec elle.

« Elle nous a été réclamée à quelques reprises, et nous allions la réclamer à nouveau à notre tour, et elle était à nouveau réclamée. Éventuellement, ce va-et-vient devint insupportable et elle était inscrite pour un prix trop élevé pour nous, alors il m’a fallu trouver la force de la laisser aller. »

Nielsen continue d’expliquer le sentiment de voir un de vos chevaux favoris réclamés, le sentiment des plus brise-coeur que vous pouvez ressentir.

« Les courses de réclamation sont des courses que j’ignorais jusqu’à ce que je vienne au Canada, nous n’avons pas de chevaux à réclamer au Danemark. Ici au Canada, tout le monde pense que cette industrie ne survivrait pas sans réclamations et je suis en total désaccord avec cela… c’est la façon dont vous rédigez les conditions, mais ce n’est pas de mon ressort. »

« Cela me fait mal parce que ces chevaux sortent et courent tellement honnêtement pour nous, mais nous sommes là, à la base, à les remettre en vente, cela importe peu que nous aimions nos chevaux. L’une des pires parties de cela c’est quand votre cheval vient juste de courser avec tout son cœur pour vous et que vous ne le ramenez pas à la maison, et qu’il ne comprend pas pourquoi. C’est complètement crève-cœur. »

S’il vous est arrivé qu’un de vos chevaux favoris vous soit réclamé auparavant, vous connaissez le sentiment que décrit Nielsen : le sentiment de vous rendre au travail le lendemain matin pour voir une stalle vide, le premier matin sans leur accueil envers vous, le sentiment de rechercher les entrées de la semaine suivante pour voir s’ils sont de retour aux courses, et le sentiment de voir une autre personne courser votre cheval, tout cela en ressentant la nervosité de se lever et demander à leur nouvel entraîneur s’ils peuvent dire hello à un vieil ami.

Mais, comme en toute chose, la vie doit continuer, ce qui incita Karoline et son copain Nick, à chercher un autre cheval.

« Nick et moi avions discuté de la possibilité d’avoir un autre cheval pour nous, plus spécifiquement un trotteur, que j’espérerais pouvoir faire courir sous selle. Nous avons commencé à chercher un trotteur aux alentours, mais il n’y en a pas beaucoup aux environs. Un soir, nous avons remarqué un cheval inscrit à une course à Flamboro contre un de nos autres chevaux et c’était son premier départ dans une course réclamation.

« Nous avons regardé le cheval au réchauffement, il était un peu petit, mais nous avons tenté le coup et inscrit notre mise sur lui. Je pense qu’il y avait environ trois autres mises sur lui ce soir-là. Je me souviens avoir entendu qu’il y en avait d’autres sur lui, pensant que ce sera juste notre chance de ne pas l’obtenir. »

« Mais nous avons fini par l’obtenir... »

Ainsi, le 9 mai 2019, commencèrent l’aventure et l’histoire d’amour entre Karoline et un hongre de couleur bai, Cantab Hall du nom de Cantabernet … alias ‘Cabbie’.

Cabbie n’allait pas mettre beaucoup de temps à s’installer dans l’écurie de Nielsen et Gallucci où il allait rapidement apprendre les cordes du métier sous la selle

« Après avoir acheté Cabbie, je lui ai enseigné à courir quelques jours plus tard. C’était un amour, mais en aucun cas, facile à mener. Il luttait pour trouver son équilibre alors que j’étais sur son dos et c’était vraiment difficile de définir la façon de le mener.

« Je l’ai emmené pour une qualification sous selle à Grand River Raceway en juin, où nous avons rapidement constaté qu’il n’était vraiment pas un cheval pour le demi-mille juste à la façon dont il luttait dans les tournants, et même s’il courait occasionnellement sur les pistes d’un demi-mille, il ne réussissait pas très bien. Je l’ai gardé assez au large en qualification, et il a terminé gagnant, mais ce n’était pas de manière impressionnante.

« Lors de sa première course RUS à Hanover Raceway, il a cassé dans les deux premiers tournants, mais à la deuxième course à Georgian Downs, il était deuxième et y est resté, alors qu’il n’avait pas été défait par beaucoup pour la victoire, » dit Karoline, toute l’excitation encore perceptible dans sa voix.

« Je me souviens que j’étais tellement fière de lui. Je peux facilement dire qu’il est le cheval le plus difficile que je n’aie jamais monté parce qu’il était tellement difficile à tenir ensemble dans les tournants, mais il essayait tellement pour moi, que cela me faisait ressentir un sens de fierté que je n’avais jamais connu auparavant. »

Et peut-être est-ce cette fierté pour son cheval qui allait vraiment justifier l’amour qui grandirait entre Karoline et Cabbie.

« Cela ne signifie pas que je suis tombée en amour avec lui immédiatement, je pense que mon amour pour lui a grandi au cours de l’été de 2019 car j’avais le sentiment que quand il courait, tout ce qu’il voulait, c’était faire tout son possible pour moi. Il importait peu qu’il n’ait pas gagné, je savais qu’il faisait tout ce qu’il pouvait pour être à son meilleur. J’aimais son attitude, il était un cheval tellement heureux. »

Même si Karoline et Cabbie n’ont gagné qu’une seule course ensemble, soit le 12 septembre à Woodbine Mohawk Park en 1:56 pour le conducteur Sylvain Filion, Cabbie touchait fréquemment des chèques dans les courses avec conditions à Mohawk, rapportant à la maison un peu d’argent pour ses propriétaires lors de presque chacun de ses départs.

Karoline a aussi suivi des cours d’enrichissement sur sa façon de récompenser son cheval pour tout ce qu’il faisait pour elle.

« Je suis présentement une formation en acupuncture équine, et j’ai aussi acheté la couverture de cheval ‘Berner’ – quelque peu similaire à la thérapie PEMF MagnaWave. Je pratiquais tout ce que j’ai apprenais sur Cabbie… il était tout pour moi et a toujours été mon principal objectif. Tout ce que j’ai fait comme moyens d’apprentissage ainsi que les nouveaux cours que j’ai suivis, je l’ai fait pour lui – Je l’ai fait pour lui car je croyais que cela l’aiderait. Certainement que j’utiliserai mes nouvelles connaissances sur d’autres chevaux dont je prends soin, mais Cabbie a toujours été l’élément moteur derrière toute chose. »

Karoline parle malheureusement de son véritable amour équin, Cabbie, au passé en cette occasion, car le 26 janvier, une journée qui aurait dû n’être qu’une journée comme les autres, s’est révélé l’une des journées les plus sombres de sa vie.

« Je soigne cinq autres chevaux, alors je sortais Cabbie durant quelques heures avec son ami avant de le jogger. Quand je me dirigeais vers le paddock pour aller les chercher, ils étaient toujours là pour me rencontrer à la barrière, mais ce jour-là, son ami amblait à la barrière et Cabbie était debout à la clôture. J’apporte toujours des carottes quand je les fais rentrer… je secouais les carottes et l’appelais pour qu’il vienne à la barrière, mais parce que le champ est très accidenté, de la barrière d’où je me tenais, je ne pouvais voir que son cou. Il était debout, les oreilles aux aguets et mordant la clôture, ce qu’il n’avait jamais fait, et il ne venait pas, » explique Karoline d’un ton qui s’assombrissait de plus en plus.

« J’ai dû marcher vers lui et quand je suis arrivée `à sa hauteur, j’ai coupé la rêne et essayé de le tirer, mais il ne bougeait pas. J’ai regardé et remarqué qu’il avait une petite coupure au-dessus du genou gauche. J’ai retiré la couverture et utilisé ma lampe de poche pour avoir une meilleure vue de la coupure, mais je ne voyais rien, mais il ne pouvait pas plus bouger. J’ai appelé Nick de venir m’aider. Nous avons dû ramener Cabbie à l’écurie et comme nous essayions de le faire marcher, il marchait sur trois pattes… sa patte avant gauche ballante de son corps. »

Cabbie fut alors transporté à l’Ontario Equine Hospital de Misissauga, dans l’espoir d’obtenir un peu d’éclairage sur ce qui commençait à ressembler à un moment très sombre.

« Nous l’avons transporté à l’Ontario Equine Hospital où on lui fit immédiatement des radiographies. Ce ne fut pas très long après les radiographies que nous avons su qu’il n’y avait pas beaucoup d’options pour lui. Nous sommes restés aux environs de la clinique durant quelque deux heures, appelant tous les vétérinaires que nous connaissions, dans l’espoir qu’il y aurait quelque chose à faire. Il ne nous importait pas qu’il ne devienne qu’un animal de compagnie pour le reste de sa vie. Tout ce que nous voulions c’est que quelqu’un nous donne espoir qu’il y avait quelque chose à faire. Cela m’indifférait qu’il ne puisse plus jamais courir ou s’il ne pouvait même plus courir, tout ce que je voulais c’est qu’il y ait quelque chose à faire pour le sauver – mais il n’y avait rien à faire. Cela a détruit tous mes espoirs et mes rêves, cela m’a brisé le cœur en mille miettes. La vétérinaire de l’Ontario Equine Hospital était plutôt surprise du fait que nous ayons pu l’amener là car, dit-elle, si à tout moment il avait dû mettre du poids sur sa patte, l’os aurait transpercé tout simplement la peau, c’est à quel point l’os avait éclaté – elle dit aussi que c’était la pire fracture qu’elle ait vue à vie.»

« Nous pensons que l’autre cheval l’aurait frappé, » dit Karoline.

Le fait de ne pas savoir exactement ce qui est arrivé, a laissé un nuage continu de questionnements planer dans la tête de Karoline.

« Ce qui me blesse vraiment c’est la peur que peut-être, quelque part en cours de route, on me montrait quelque chose qui indiquerait qu’ils ne s’entendaient pas, mais qu’ils marchaient au champ ensemble, ils ne se sont jamais brutalisés ou battus, mais quand vous ne savez pas ce qui s’est passé, vous pensez constamment à ce que vous auriez pu faire ou auriez dû faire… vous ne cessez vraiment jamais de vous blâmer. »

Et alors qu’elle pleure terriblement la perte de son précieux compagnon, Karoline réalise vraiment jusqu’à quel point Cabbie comptait pour elle.

« Quelques conducteurs n’aimaient pas exactement le mener parce qu’ils pensaient qu’il était un peu con, parce qu’il pouvait tirer assez fort. Des conducteurs m’ont même demandé comment je pouvais le tenir dans une course RUS, mais avec moi c’était toujours avec deux doigts. Il était différent avec moi – il me comprenait et je le comprenais aussi. Il était nerveux quand il joggait, s’énervant avec des choses qui n’existaient pas, mais j’étais patient avec lui. Quand il s’entraînait, il vous tirait vraiment avant que vous l’ayez stimulé, alors je le stimulais… j’ai trouvé la bonne manière sur la piste pour lui, et nous la pratiquions… J’allais sur le côté droit de la piste avec lui dès le début et éventuellement, nous courions le mille d’entraînement avec lui… et il a arrêté de tirer quand on l’entraînait. À tous les jours, je disais à Cabbie ‘tu ne peux rien faire de mal, ça ne fait rien ce que tu fais – tu n’as jamais tort. » J’ai combattu des problèmes d’anxiété dans ma vie aussi, et Cabbie m’a aidé avec ce problème, comme je l’ai fait avec lui. Il m’a fait me sentir calme et bien avec moi-même. Le dimanche, quand je ne devais pas travailler, j’allais à l’écurie pour être avec lui de toute façon, parce qu’il faisait en sorte que je me sente réellement bien avec moi-même.

« Il y a une de ses courses qui se démarquera à jamais à mes yeux – un seul moment. Il a seulement terminé en quatrième place aussi, » Karoline sourit, mais il y eut ce moment. Il occupait la deuxième position à Mohawk, et quand ils arrivèrent à la mi-course, je pouvais le voir là sur l’écran géant, trottant tellement bien, et je fus prise d’une émotion que je n’avais jamais éprouvée. Je le regardais et j’ai pensé, ‘je suis tellement chanceuse de posséder et de prendre soin d’un si beau, si bel animal. Je n’oublierai jamais le sentiment qu’il m’a fait ressentir à ce moment-là.

« C’était un cheval dont il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour dire que c’était un cheval qui allait avoir un foyer permanent. Il n’aurait jamais couru dans une course réclamation ou être vendu, parce que jamais, je n’allais le perdre. C’était un cheval qui m’a en quelque sorte changée en rêveuse – une heureuse rêveuse. Je pensais qu’un jour nous allions prendre notre retraite, et un cheval qui, si jamais nous avions des enfants, serait leur premier cheval d’équitation. J’imaginais même et, craignais, le jour où il aurait 32 ans et que je devrais le faire abattre. »

« Pour quelque raison que ce soit, j’ai toujours eu à l’esprit qu’il allait être un meilleur cheval. J’ai toujours pensé et je penserai toujours qu’il n’a jamais eu l’opportunité de démontrer son potentiel en piste. Je pense qu’il avait quelques petits problèmes auxquels nous avons finalement pu trouver des solutions tout juste avant la deuxième pause de la COVID. J’étais tellement heureuse de le ramener en course. Je sais que c’est facile de dire cela maintenant, mais j’ai vraiment pensé que nous avions trouvé la clé, » explique-t-elle.

Bien que le processus de guérison ne soit jamais facile, Karoline a trouvé que peut-être l’une des meilleures façons de guérir est de continuer d’être entourée de ses partenaires équins.

« J’ai pris une semaine de congé après, puis j’y suis retournée. De toute évidence, je n’aime pas les autres chevaux dont je prends soin autant que j’aime Cabbie, mais je les aime aussi et je pense que les chevaux sont de bons guérisseurs… Je préférerais être auprès de chevaux plutôt que de personnes, » dit-elle d’une voix plus positive, tout en continuant de décrire peut-être l’une des choses les plus importantes qu’elle a apprise durant ce processus de deuil.

« Autant que ça fait mal, je me sens bénie d’avoir été capable d’avoir un cheval que j’ai autant aimé que lui, et un cheval avec lequel j’ai eu une si belle complicité. J’ai aimé d’autres chevaux mais ma connexion avec Cabbie était tellement plus profonde. Il est le cheval qui m’a tellement enseigné et procuré beaucoup d’expériences. Il était le cheval duquel je pensais qu’il allait me donner tellement plus d’expériences dans ma vie. J’ai toujours pensé que je n’avais jamais vraiment eu de quoi être fière dans ma vie, et je l’ai eu et il m’a rendue fière. J’ai lutté avec des questions de confiance toute ma vie et Cabbie a changé cela. Il m’a fait me sentir vraiment bien dans ma peau et ce que je pouvais accomplir. C’est difficile à décrire, mais il m’a juste fait me sentir être une meilleure personne.

« J’ai tellement de belles photographies de lui, mais il me semble que ce ne soit pas assez. J’encourage les gens à toujours prendre des photos car, quand quelque chose est disparu, ce sont les seuls souvenirs qui nous restent. »

«La douleur que nous ressentons quand ils partent est le prix à payer pour l’amour ressenti quand ils sont ici.»

~ Karoline Østergaard Nielsen

Ceci n’est peut-être pas une histoire aux fins les plus heureuses, mais peut-être est-ce une histoire qui fait que plus d’entre nous changerons les ‘règlements’

Peut-être, juste peut-être, serait-ce temps que nous acceptions le fait que ceci ne sera jamais « juste une » industrie, parce que nous avons tous, à certains moments de notre vie, ressenti qu’il ne restait pas grand-chose pouvant nous aider. Mais, alors, c’est le doux museau contre notre joue alors que nous sommes tristes, le beau visage qui pose sa tête sur nos genoux alors que nous sommes assis dans leur stalle, leur chaude respiration dans notre oreille qui calme nos âmes, la sensation de passer notre main sous leur crinière et dans leur cou, ou le regard de leurs gentils yeux et de trouver toutes les réponses dont nous avons besoin, et cela nous sauve.

Aimez vos chevaux et aimez chaque minute passée avec eux, et ne craignez jamais de trop vous y attacher, car si vous ne pratiquez pas ce sport par amour du cheval – alors vous êtes peut-être dans le mauvais sport.

Cet article a été publié dans le numéro de mars de TROT Magazine.
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