Une Image Vaut Mille Mots

Point De Vue

J’adore ce numéro de TROT — notre édition annuelle spéciale consacrée à la North America Cup. C’est toujours une excellente occasion de rencontrer les dix finalistes de la Coupe, ainsi que plusieurs membres de leur entourage, et de raconter l’histoire de personnes qui, autrement, n’auraient peut-être jamais la chance de voir leur parcours mis en lumière.

Cette édition vient toutefois avec un petit supplément de stress… demandez donc à nos photographes! (Haha.)

Les photos sont essentielles dans chacun de nos numéros, mais elles jouent un rôle encore plus important dans celui-ci. Avec dix reportages à illustrer — et généralement seulement une semaine pour réaliser toutes les séances photo — nous comptons énormément sur le travail de notre équipe composée de Michael Burns, Clive Cohen, Justin Fisher, Michelle Hogan et James Woods, qui accomplissent une véritable montagne de travail en très peu de temps.

Qu’il s’agisse de visiter les fermes aux premières lueurs du jour, de photographier les propriétaires lors du tirage des positions de départ ou de passer tout l’après-midi et toute la soirée à l’hippodrome le soir de la North America Cup, nos photographes prennent des milliers de clichés au cours de la semaine précédant le grand événement. Et ils ne nous déçoivent jamais.

Les chevaux sont, à mes yeux, les plus beaux animaux de la planète, et je suis convaincu qu’on ne peut jamais avoir trop de photos d’eux dans notre magazine.

Il y a toutefois une photo en particulier qui, chaque année, me cause plus de soucis que toutes les autres : celle qui fera la couverture de notre numéro de juillet, mettant en vedette le gagnant de la North America Cup.

Je ne suis jamais complètement rassuré tant que nous ne l’avons pas… et, dans la mesure du possible, elle doit être parfaite.

Certains pourraient croire que ce n’est pas si compliqué — qu’il suffit de choisir une bonne photo parmi les centaines disponibles. Croyez-moi, ce n’est pas du tout le cas.

Sans entrer dans tous les aspects techniques qui font qu’une photo peut ou non convenir à une couverture, celle de juillet doit aussi, si possible, être exclusive à TROT : une image que personne n’a encore vue dans les jours qui suivent la course. Avec le nombre impressionnant de photographes présents à la ligne d’arrivée et dans le cercle des vainqueurs, sans compter la vitesse à laquelle les photos envahissent les réseaux sociaux, cette mission relève parfois du véritable exploit.

Au fil des décennies, nous avons tout de même réussi à offrir de magnifiques couvertures de la North America Cup, grâce aux talents de Michael Burns, Clive Cohen, Justin Fisher, James Woods et du regretté John Watkins. Cette année, toutefois, c’est un autre Cohen qui est venu à ma rescousse : Jacob Cohen, 26 ans, qui a fait disparaître une bonne partie de mon stress quelques instants après la course.

La superbe photo de couverture de cette année, que vous pouvez revoir sur cette page, est l'œuvre du fils de Clive Cohen, de New Image Media. Ce cliché original de Jacob Cohen saisit à merveille toute l’émotion brute de James MacDonald, dans l’un de ces instants magiques que notre sport sait offrir aussi bien — sinon mieux — que n’importe quel autre.

TROT July Cover

À vrai dire, je ne sais pas vraiment pourquoi cette photo de couverture de juillet me préoccupe autant chaque année, au point d’envoyer constamment des messages à nos photographes durant la semaine pour leur rappeler les critères auxquels elle doit répondre.

Sans doute parce que la North America Cup n’est pas une course comme les autres. Et que notre couverture de juillet ne peut pas se contenter d’une photo ordinaire.

Cela dit, lorsque j’ai interviewé Andrew Harris pour l’article sur Brandon Blvd, que vous trouverez à la page 32 de ce numéro, il m’a dit quelque chose qui mérite d’être rappelé de temps à autre — y compris à ceux qui exploitent nos hippodromes.

Cette réflexion n’a finalement pas été retenue dans l’article, mais, à un moment de notre discussion sur une éventuelle carrière d’étalon pour Brandon Blvd, je lui ai demandé si cette perspective ajoutait de la pression lorsqu’on tente de remporter une course aussi prestigieuse que la North America Cup.

Andrew m’a simplement répondu : « Non. »

Selon lui, il y a toujours de la pression, parce que chaque course est importante pour quelqu’un. Une épreuve disputée le même soir sur un hippodrome de catégorie B, avec une bourse représentant une fraction de celle de la North America Cup, peut être tout aussi importante — voire plus importante — pour quelqu’un d’autre que la North America Cup ne l’est pour lui et ses partenaires.

Les paroles d’Andrew étaient plus que pertinentes : elles se sont révélées presque troublantes de justesse.

Le dimanche 14 juin au matin, moins de douze heures après que son cheval eut livré un immense parcours pour terminer deuxième, et après que Jacob Cohen eut immortalisé notre future couverture de juillet (j’ai d’ailleurs dit à son père qu’elle pourrait bien lui ravir un prix O'Brien d'excellence en médias – Photographie en février prochain), je discutais avec une amie dans une écurie de Classy Lane, encore toute emballée par ce qui s’était produit la veille à Georgian Downs.

Kimmy Epoch, palefrenière à l’écurie de Tony Beaton, venait de savourer sa toute première victoire avec Runway Diva, une pouliche de trois ans par Betterthancheddar dont elle s’occupe quotidiennement depuis plus d’un an et demi, depuis son achat comme yearling.

Ce n’était qu’une victoire plutôt discrète en 1:56,2, dans une épreuve dotée d’une bourse de 8 500 $, disputée devant très peu de spectateurs. Mais, pour Kimmy, elle représentait l’aboutissement de longues heures de travail. Et la satisfaction était immense, même après être revenue à l’écurie un dimanche matin avec seulement cinq heures de sommeil.

Il y avait toutefois un problème.

Kimmy m’a raconté, les larmes aux yeux, que Georgian Downs n’a malheureusement plus de photographe. Résultat : il n’y a eu ni célébration dans le cercle des vainqueurs ni photo pour immortaliser ce premier succès.

Franchement, c’est difficile à croire.

À Mohawk, il devait y avoir près d’une douzaine de photographes prenant des centaines de photos dans le cercle des vainqueurs après chaque course. Pourtant, à seulement 113 kilomètres de là, à Georgian Downs, on n’est pas capable de trouver un étudiant en photographie du Georgian College voisin pour prendre quelques dizaines de photos au cours de la soirée?

On peut faire mieux.

Et, pour ma part, je n’arrêterai pas d’en parler tant que ce ne sera pas le cas.

Quant à Kimmy et Diva… toutes mes félicitations. J’aimerais tellement que nous puissions offrir ce souvenir à beaucoup plus de gens.

Kimmy&Diva

 

Dan Fisher
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