APEX : Il a permis à plusieurs de rayer un rêve de leur liste de choses à accomplir!

Point De Vue

En 2022, Beach Glass nous avait fait vivre une histoire incroyable en remportant le Meadowlands Pace. C’était la seule grande course qui avait échappé à son célèbre père, Somebeachsomewhere, ainsi qu’aux gens qui lui étaient associés. Et comme Beach Glass faisait partie de la dernière génération complète de « The Beach », il représentait pour l’entraîneur Brent MacGrath et le groupe de propriétaires leur ultime chance de remporter cette épreuve avec un fils du cheval de leur vie.

Le 8 août dernier, lorsqu’Apex a conquis le Hambletonian pour l’entraîneur Marcus Melander — qui semblait jusque-là frappé d’une véritable malédiction dans la plus grande course de trot en Amérique du Nord —, je n’ai pu m’empêcher de penser aux similitudes avec la victoire de Beach Glass.

Ce n’était certainement pas la dernière chance pour Melander, qui n’a que 34 ans, de remporter cette prestigieuse épreuve. Mais lorsqu’on a entraîné le cheval qui a terminé deuxième dans quatre des sept dernières éditions de la course — et qu’on a même terminé deuxième ET troisième lors de trois de ces années —, à un moment donné, le pauvre gars a sûrement dû se demander si son tour allait finir par arriver.

La victoire d’Apex a assurément permis à Melander de se débarrasser de ce poids qu’il traînait sur ses épaules, mais plus j’y pensais, plus je réalisais que l’histoire allait beaucoup plus loin que ça.

Son conducteur, Dexter Dunn — l’un des meilleurs que nous n’ayons jamais vus et un homme qui a remporté pratiquement toutes les grandes courses de notre sport — cherchait lui aussi à mettre fin à une certaine « malédiction du Hambo ».

L’an dernier, Dex avait terminé troisième avec le favori de la course, Maryland. L’année précédente, en 2024, il avait également pris la troisième place avec Amazing Catch. En 2023, Dex avait offert un parcours parfait au co-favori Winners Bet, avant que celui-ci ne faiblisse pour terminer sixième. Les éditions 2022 et 2020 du Hambo s’étaient toutes deux soldées par une quatrième place pour Dunn, respectivement avec Jiggy Jog S et Amigo Volo. Entre les deux, en 2021, il avait tenté sa chance avec Really Fast, qui avait malheureusement fait une faute dans cette épreuve d’un million de dollars alors qu’il était coté à 9/2.

Le Hambletonian est évidemment une course extrêmement difficile à gagner et, tout comme Melander, Dex est encore jeune et aura sûrement plusieurs autres occasions de la remporter. Mais décrocher enfin cette première victoire devait assurément procurer un sentiment extraordinaire à ce conducteur au talent exceptionnel.

Puis, il y a Amalie Ødegård, la dévouée soigneuse d’Apex. Même si elle n’a que 25 ans et qu’elle ne travaille en Amérique du Nord que depuis 2021, la jeune Norvégienne avait déjà terminé deuxième avec Oh Well et troisième avec Maryland en finale du Hambo… puis Apex est arrivé.

Même si le copropriétaire et éleveur Steve Stewart avait déjà élevé plusieurs gagnants du Hambletonian, il s’agissait de sa première victoire dans cette course à titre de propriétaire. Et bien que son associé Jeffrey Snyder ait remporté d’importantes épreuves pour ambleurs avec des chevaux comme Well Said, il s’agissait également de son premier Hambo. Quant au troisième partenaire dans Apex — SRF Stable —, il était le seul morceau de tout ce casse-tête pour qui cette victoire au Hambletonian n’était pas une première!

Melander, Dunn, Ødegård, Stewart et Snyder sont toutefois des humains et, comme je l’ai mentionné, chacun d’eux aura fort probablement plusieurs autres occasions, après cette année, de goûter à nouveau à la gloire du Hambletonian.

Pour les chevaux, par contre, c’est différent. Ils n’ont trois ans qu’une seule fois. Et même lorsqu’on tient compte de leur carrière à l’élevage, l’histoire des parents d’Apex avec le Hambletonian n’avait pas toujours été heureuse non plus — jusqu’à maintenant.

Si vous ne le saviez pas, Apex, acheté pour 525 000 $ comme yearling, possède des origines royales : il est un fils de Walner et Mission Brief.

Lorsque Walner avait facilement remporté le Stanley Dancer de 2017 en 1:50.2, il débordait littéralement d’énergie au fil d’arrivée pour son conducteur Tim Tetrick. À l’époque, il était le poulain trotteur le plus impressionnant que j’avais jamais vu, à l’exception de Muscle Hill, et un chrono de 1:49 semblait réellement à sa portée. Il aurait été coté à 1/9 dans son éliminatoire du Hambo, à son départ suivant, mais malheureusement, il s’est blessé avant d’avoir cette chance et n’a plus jamais couru.

Comme étalon, Walner s’est révélé tout aussi exceptionnel qu’il l’avait été en piste. Pourtant, même si plusieurs de ses rejetons étaient passés bien près de remporter le Hambo, aucun n’y était encore parvenu — jusqu’à Apex.

Mission Brief, pour sa part, était entraînée par l’entraîneur le plus dominant de l’histoire de notre sport, Ron Burke. Il y a quelques années, celui-ci m’avait confié qu’elle était la meilleure pouliche de deux ans qu’il ait jamais entraînée… et que ce n’était même pas serré!

Voilà tout un compliment!

Le Hambo, cependant, ne lui avait pas nécessairement laissé les meilleurs souvenirs.

Affrontant les mâles lors de l’édition 2015, elle avait facilement remporté son éliminatoire par 4 ¾ longueurs, à une cote de 4/5. Yannick Gingras avait ensuite pris la décision devenue célèbre de délaisser Pinkman, gagnant de l’autre éliminatoire, afin de mener Mission Brief en finale. Mais la pouliche avait finalement dû se contenter de la deuxième place derrière Pinkman, battue par trois quarts de longueur alors qu’elle était favorite à 3/5.

Bien qu’elle se soit révélée une poulinière exceptionnelle, produisant 100 % de gagnants, le plus lent de ses six rejetons affichant tout de même une marque de 1:54.1 — et il s’agit de son « deux ans » de 2026 —, aucun des rejetons de Mission Brief n’avait encore réussi à participer au Hambo… jusqu’à Apex.

Apex remportera peut-être, ou peut-être pas, le titre de Cheval de l’année 2026 aux États-Unis — il reste encore beaucoup de chemin à parcourir —, mais quoi qu’il arrive, il devrait au moins recevoir le prix du « cheval portant le nom le plus approprié ».

La définition du mot Apex est :  « Le point culminant ou le sommet de quelque chose. Le terme peut désigner une structure physique ou un moment de réussite. »

Marcus, Dex, Amalie, Steve, Jeffrey, Walner et Mission Brief — ainsi que plusieurs autres, j’en suis certain — ne seront certainement pas en désaccord avec cette définition!

Toutes mes sincères félicitations à vous tous!

 

Dan Fisher
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