Représentons bien le Canada, peu importe qui nous représentera
À Standardbred Canada, énormément de travail est consacré à l’organisation du Championnat national des conducteurs (National Driving Championship – NDC), présenté partout au pays tous les deux ans afin de déterminer qui représentera le Canada sur la scène mondiale lors du Championnat du monde des conducteurs (World Driving Championship – WDC).
En août 2027, toutefois, c’est le Championnat du monde des conducteurs lui-même qui se déroulera aux quatre coins du Canada. Honnêtement, je suis davantage préoccupé par l’image que nous offrirons au monde par l’entremise des retransmissions simultanées que par l’identité des deux personnes qui porteront les couleurs rouge et blanc sur la piste.
L’une des raisons est que je sais déjà que James MacDonald, champion du monde en titre et double gagnant du WDC, sera l’un de nos deux représentants. Je ne dis pas cela simplement parce qu’il est un ami; quiconque a passé un peu de temps avec James réalise rapidement qu’il incarne parfaitement le bon gars canadien. Il est authentique, il dit et fait toujours ce qu’il faut, et, en plus, il conduit parmi les meilleurs au monde.
J’ai dû écrire cette chronique avant la tenue du NDC 2026, disputé au Clinton Raceway le 26 juillet, mais je suis tout aussi convaincu que celui des huit conducteurs qui remportera (ou aura remporté) cette épreuve représentera également le Canada avec talent et beaucoup de classe.
Non, ce qui m’inquiète davantage, c’est l’image que nous pourrions projeter, comme grande nation du trot et amble, si les téléspectateurs du monde entier voient, à l’écran, nos aires asphaltées et nos estrades à moitié vides.
J’admets avoir été privilégié en matière d’événements sportifs. J’ai assisté au Derby du Kentucky, en compagnie de plus de 132 000 spectateurs. J’étais aussi au Stade olympique de Sydney, en Australie, lors des Jeux olympiques de 2000, avec plus de 110 000 personnes, pendant sept des neuf soirées d’athlétisme. J’ai également assisté à un match de la Premier League, à plusieurs matchs éliminatoires des Blue Jays, à une finale de l’Est de la LCF, ainsi qu’à une demi-douzaine de rencontres de la NFL.
Le sport est avant tout une expérience vécue en direct. Point final. Et les courses sous harnais ne devraient pas faire exception.
J’ai aussi assisté au Little Brown Jug au moins une douzaine de fois, toujours devant des foules extraordinaires. J’ai grandi en tenant presque pour acquis les immenses foules — et parfois hautes en couleur — du Greenwood Raceway. Certains auront peut-être peine à le croire, mais l’année où Precious Bunny a remporté la North America Cup (1991), il nous a fallu de 25 à 30 minutes simplement pour nous rendre de notre voiture jusqu’aux estrades de Greenwood.
Les courses sous harnais sont un sport de spectateurs. Si vous croyez, ne serait-ce qu’une minute, que notre industrie peut survivre sans public, vous vous faites des illusions.
Regardez les plus grands événements de notre sport, dont plusieurs ont fait l’objet de reportages dans TROT au cours de la dernière année : le Prix d’Amérique, l’Elitlopp, la North America Cup, le Little Brown Jug, le Hambletonian et la Breeders Crown.
Retrouve-t-on les meilleurs chevaux, entraîneurs et conducteurs à ces rendez-vous? Absolument.
Mais savez-vous qui d’autre y est présent? Les amateurs. En très grand nombre.
Et je pourrais facilement soutenir que ce sont justement les amateurs qui constituent l’ingrédient le plus important du succès et de l’ambiance de chacun de ces événements.
S’il y avait 20 000 personnes dans les estrades, même une soirée composée uniquement de courses à réclamer de faible niveau serait divertissante. Mais une carte du Hambletonian serait-elle aussi captivante en personne s’il n’y avait que 75 spectateurs? Pas la moindre chance.
Standardbred Canada vient tout juste de dévoiler l’horaire du Championnat du monde des conducteurs 2027. Les étapes auront lieu à Century Downs et The Track On 2, en Alberta, à Woodbine Mohawk Park, en Ontario, à l’Hippodrome 3R, au Québec, puis à Red Shores Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.
Je crois qu’il va de soi — surtout pendant Old Home Week — que la foule sera imposante pour la grande finale à Charlottetown. Heureusement, nos amis des provinces de l’Atlantique ont encore l’habitude de se rendre aux courses en personne.
À nous maintenant de faire notre part pour que les quatre autres hippodromes présentent eux aussi des estrades bien remplies lorsque le WDC s’y arrêtera.
En parlant du Canada atlantique, je dois remercier Damian MacLellan. C’est une réflexion du récipiendaire du prix O’Brien Future Star 2025, dans notre reportage (publié dans ce même numéro) sur les 100 ans de courses à Inverness, qui m’a inspiré cette chronique.
Pour résumer ses propos, Damian disait trouver étrange que l’Inverness Raceway, dans une municipalité d’un peu plus de 1 000 habitants, réussisse à remplir les estrades et les abords de la piste presque chaque soir de courses, alors qu’en Ontario, lors d’une soirée typique, « il n’y a personne debout le long de la clôture ».
Damian, je suis entièrement d’accord.
C’est une excellente question. Une question tout à fait légitime. Et même si j’ai mes propres opinions sur les raisons qui expliquent cette réalité, je n’ai pas de réponse définitive que je puisse publier ici.
Ce que je peux dire avec certitude, c’est que j’admire les hippodromes comme Inverness, Kawartha Downs, Clinton, Charlottetown, Hanover et plusieurs autres, qui continuent de déployer des efforts pour attirer les gens dans les estrades.
Et, je l’avoue, je les envie un peu, parce qu’ils me rappellent les belles années de Greenwood et me font réaliser à quel point je les tenais pour acquises.
Par-dessus tout, j’espère que nous pourrons compter sur nos amateurs, nos participants et les exploitants de nos hippodromes pour faire de ces cinq programmes du Championnat du monde des conducteurs, en août 2027, des événements mémorables. Cette semaine-là, tous les regards du monde du Standardbred seront tournés vers le Canada. Je suis convaincu que nos deux représentants sur la piste seront à la hauteur. À nous maintenant de ne pas les laisser tomber.
Dan Fisher
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