Quand allons-nous tenir un sommet?

Point De Vue

Ce numéro de TROT est notre numéro annuel consacré aux étalons, et l’un des éléments qui le rend unique, ce sont les multiples pages de statistiques sur les étalons et l’élevage qu’on ne peut retrouver nulle part ailleurs.

Nous fournissons ces statistiques afin d’aider les éleveurs à choisir des croisements potentiels pour leurs poulinières, et plusieurs propriétaires de juments m’ont dit que les chiffres publiés dans ces pages sont très appréciés et utiles.

Aussi importantes que soient ces statistiques, tant pour nous que pour bon nombre de nos lecteurs, et aussi reconnaissants que nous soyons envers notre directrice des TI, Janet Cookson, qui nous aide chaque année à les compiler, il y a deux autres pages de chiffres qu’elle nous fournit également pour ce numéro, et cette année — du moins à mon avis — quelques-uns de ces chiffres sont beaucoup plus importants que tout le reste de ce magazine.

Aux pages 26 et 27 de ce numéro, vous trouverez les données sur la distribution des bourses par hippodrome en 2025, ainsi que le pari mutuel par hippodrome en 2025, comparées aux cinq années précédentes.

À la page 26, vous verrez que, sur la période de deux ans entre 2023 et 2025, les bourses canadiennes ont augmenté d’environ 6,8 millions de dollars. Tout va donc bien… n’est-ce pas?

Pas si vite.

À la page 27, vous verrez ce que je considère être — DE LOIN — la statistique la plus importante de cette publication remplie de chiffres… et, le PLUS GROS PROBLÈME, c’est qu’absolument aucun de nos « dirigeants » ne semble même en parler. Et c’est ce qui m’inquiète le plus.

Les chiffres auxquels je fais référence montrent que le pari total sur les courses standardbred au Canada, sur la période de deux ans entre 2023 et 2025, a chuté d’un incroyable 97 millions de dollars! Et comme je l’ai dit, personne ne semble en parler ni tenter de mettre un doigt dans la digue pour arrêter l’hémorragie.

Bon sang, ce n’est pas juste une fuite — c’est un véritable geyser.

Si les équipes nationales canadiennes de hockey — hommes, femmes ou juniors — passent trop de temps sans remporter de médailles d’or sur la scène mondiale, on réclame un sommet du hockey, parce que cela signifie, aux yeux de plusieurs, que nous faisons quelque chose de travers dans le développement des joueurs.

Les courses de chevaux sont un sport basé sur une seule chose : le gambling.

Nous essayons constamment de nous qualifier comme des chefs de file mondiaux dans ce sport, mais notre pari mutuel est passé de 646,3 millions de dollars en 2023 à seulement 549,2 millions, deux ans plus tard, et personne ne parle vraiment d’un plan pour renverser cette tendance catastrophique?

Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez nous?

Si presque n’importe quelle autre entreprise voyait ses revenus chuter à un rythme aussi alarmant — et, en essence, un pourcentage de notre pari représente nos revenus — des sommets seraient convoqués, des têtes tomberaient, des plans seraient élaborés et des changements seraient faits.

Certaines personnes, malheureusement mal informées, tenteront de vous dire que le pari n’a plus vraiment d’importance, du moins en Ontario, en raison de notre entente sur les bourses avec le gouvernement provincial. Eh bien, pour la énième fois dans cet espace, permettez-moi de vous rappeler que si vous croyez cela, vous avez tort.

Le Programme des Sires Stakes de l’Ontario — possiblement le meilleur en Amérique du Nord — reçoit son financement des bourses en fonction du pari.

Au Québec, en ce qui concerne les bourses, il n’y a aucune aide gouvernementale, donc toute la structure des bourses dépend du pari.

En Colombie-Britannique, le 25 novembre 2025, le gouvernement provincial a annoncé que le soutien aux courses provenant des jeux élargis cessera en 2026.

Avez-vous allumé votre télévision dernièrement? Si la réponse est « oui », vous avez probablement remarqué que presque toutes les publicités font la promotion des possibilités de paris sportifs légaux. Et oui, la légalisation des paris sportifs est une grande raison de notre récente baisse du pari.

Est-ce que cela signifie que nous allons simplement abandonner? Une industrie qui se vante d’être remplie de gens travaillants et qui n’abandonnent jamais?

Où est notre leadership? Que prévoyons-nous faire pour combattre cela? Où est notre foutu sommet?

Dans ce même numéro, nous avons consacré 16 pages de contenu pour vous raconter l’histoire de huit des palefreniers les plus travaillants de notre sport. Des gens dont tout le monde dit qu’ils ne reçoivent jamais la reconnaissance qu’ils méritent pour leur travail acharné.

Personnellement, j’ai passé quelques matinées de janvier au Centre d’entraînement Classy Lane récemment. En fait, j’y ai joggé quelques chevaux ce matin même, à -20 degrés. La piste de Classy Lane était remplie de chevaux et de gens de chevaux aujourd’hui, malgré le froid glacial — tout comme j’en suis certain que c’était le cas dans les centres d’entraînement, les fermes et les écuries partout au pays.

Non pas que j’en avais besoin, mais mes visites à Classy Lane m’ont rappelé à quel point il y a d’hommes et de femmes qui travaillent fort, sept jours sur sept, 365 jours par année, dans le but de présenter le spectacle qu’est le sport des courses standardbred canadiennes — et de livrer un spectacle digne des dollars de jeu dont l’industrie a besoin.

Ma question est la suivante : en ce moment, qui travaille pour eux?

 

Dan Fisher
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