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Ce fut une très bonne année

Trot Feature - Courtly Choice

La renommée, c'est quelque chose de vraiment bizarre.

Tout particulièrement dans le sport, puisque nous, les admirateurs de la grandeur, les amoureux d'exploits extraordinaires et applaudisseurs de la ténacité par-dessus tout, avons tendance à nous rappeler ces doués en fonction de leur année.

Peut-être est-ce simplement parce que c'est ça la vie : quand vous atteignez .400, ou gagnez la Triple Couronne, ou enregistrez un grand coup dès la première ronde pour le titre… et qu'ensuite vous ne pouvez pas le reproduire.

Les athlètes sont figés avec le temps.

Alors nous nous souvenons de cette année-là.

Les gens disent, avec un brin de douceur dans la voix, " Oui, oui, je me souviens, c'était son année. C'était l'année de Secretariat. " (1973).

" C'était l'année de Yastrzemski. Et attendez, n'était-ce pas aussi l'année des Leafs? " (1967)

La même chose ne s'applique pas à d'autres milieux de la vie. Personne n'a jamais dit que 1985 a été l'année de Mulroney. Il semble que seuls les athlètes exceptionnels ont leurs années - mais seulement quelques rares.

La plupart des standardbred - même les très bons - n'ont jamais eu 'leur année'. Mais 2018 a été la grande année pour COURTLY CHOICE, et quand nous serons tous morts, pour la plupart d'entre nous, et que nos petits-enfants seront en ligne à la recherche de projets concernant les jours de courses attelées d'antan, ils pourront dire que Courtly avait quelque chose que très peu d'autres avaient. Une année. Et j'espère que vous l'avez appréciée, parce qu'il semble bien qu'il ne sèmera plus de joie à la piste en 2019 ou après.

" Et il le mérite, " dit MacIntosh. " Il a connu ses difficultés, particulièrement au Delaware, et il mérite cette année, pour qu'on se souvienne de lui, après ses deux grandes victoires comme étalon. "

Il s'agit du Meadowlands Pace ainsi que du Little Brown Jug, ce dernier méritant beaucoup plus d'éloges et de couverture médiatique qu'il n'a reçus jusqu'à présent.

Récapitulons, c'était au Delaware, le jour que Blake vient de mentionner. Courtly, et dorénavant, nous l'appellerons seulement Courtly, " Je sais, c'est vraiment original, " dit MacIntosh en riant, " mais c'est son nom d'écurie. Juste Courtly."

Nous respecterons cela.

La journée de Courtly à Delaware, a commencé alors qu'il était trop alerte dans les dernières secondes menant au départ de son éliminatoire, il a chargé la barrière, ce qui lui a valu de perdre son allure. " Il a perdu, je crois, environ 10 longueurs, et durant une vingtaine de secondes, j'ai honnêtement pensé que nous étions perdus. Mais alors qu'il se trouvait à la huitième position, il s'est repris quelque peu, et j'ai dit aux gens m'entourant, 'bien, il est là, maintenant il peut monter en quatrième place et se classifier pour la finale.'"

Quand il eut rejoint le peloton à l'allure déterminée par Stay Hungry, il y est resté durant un tour, puis il fut relâché, se donnant à fond, à trois de large, maintenant sa rapidité d'attaque, pour se lancer vers la tête, et finir troisième au fil, mais fut placé deuxième après que le gagnant eut été relégué en quatrième position. Il a tout de même amblé son mille en 1.51, même s'il était loin derrière les autres, et hors jeu, quand le chronomètre est parti.

Maintenant, ce fut quelque chose de spécial, l'effort du guerrier, mais ce qui arriva après fut insensé.

Pour vous mettre en contexte, je suis sorti et en fit une version humaine - simplement pour reproduire ce qui s'était passé. J'ai ramassé mes vieux os et suis parti sur une piste de course, me suis réchauffé, étiré, etc., et je me suis lancé, courant un 400 m. J'ai enregistré un temps de 63 secondes, ce dont, pour quelqu'un de 60 ans, je suis plutôt fier.

Je me suis refroidi, ai attendu une heure, et me suis â nouveau réchauffé. Mon objectif était de le courir une autre fois encore, me sacrifiant pour mon art - pour connaître la sensation de course en haute puissance après un court moment de récupération.

Seulement, cette fois-ci, tout me faisait mal. Mon corps se plaignait très fort, et ce sentiment mythique que tous les athlètes de vitesse détestent, me tomba dessus avec 150 m à faire, mes talons ont commencé à trembler, et je suis certain que mes os ont commencé à se briser.

J'ai terminé la course dans un temps de 66,5 secondes. Plié en toute fin de course, en douleurs et épuisé, je crois, qu'encore aujourd'hui, je ne m'en suis pas remis.

Et bien, Courtly a fait tout cela et plus encore, car une heure après son éprouvante manche, il a couru dans la finale - et l'a gagnée. Cette fois en une pétillante marque de 1:49.4. Et non seulement cela, il a couru en tête durant presque tout le mille. En arrivant au dernier tournant, il semblait battu - mais vraiment battu. Mais le tenace fils de Art Major a continué de creuser l'écart, pour inscrire un mille qui se compare à ces moments de l'histoire du Jug, seulement et généralement réservés à Life Sign et Wiggle It Jiggleit.

Phénoménal

" Oui, quand vous regardez cela comme cela, et bien, ce n'était pas une chose facile, dit Blake, en admirant le champion qu'il a acheté en tant que yearling. Vous espérez toujours qu'ils pourront confirmer cela (l'effort de la première épreuve), et c'est ce qu'il a fait. "

" Mais c'est lui. Il n'abandonne jamais. "

Il y a beaucoup d'admiration dans la voix de Blake MacIntosh quand il parle de Courtly, et cette admiration ne s'étend pas seulement à ses performances en piste. Cette histoire de Courtly Choice aurait pu très, très facilement se dérouler autrement. Et peut-être que ç'aurait dû. Mais je pense que le théâtre de la vie est intervenu, et l'histoire de sa vie s'est écrite pour être racontée car ce poulain est né pour être très spécial. Elle devrait réellement faire l'objet d'un film.

Jusqu'à maintenant, l'histoire du bébé Courtly Choice n'a pas été toute racontée. Peut-être n'était-ce pas nécessaire? Mais aujourd'hui, il a une 'année' dans sa poche, alors...

Dans l'obscurité d'un froid matin du Maryland, le 27 avril 2015, une poulinière âgée de 26 ans de l'écurie d'élevage Winback Maryland, s'est couchée pour donner naissance à un bébé.

Elle s'appelait Lady Ashlee Ann, et avoir des bébés n'était rien pour elle. Ce devait être son 15e et deux autres auxquels elle avait donné naissance, avaient pavé la voie vers leur état de millionnaire (Betterthanchedder et Ashlees Big Guy). On la considérait comme une reine quand venait le temps de donner naissance et on lui fournissait les meilleurs des soins.

Mais en ce qui concerne ce bébé, qui fut appelé Courtly Choice, ce fut différent.

" Personne ne peut dire avec certitude ce qui s'est passé, " dit le Directeur général de Winbak's, Garrett Bell. Mais pour quiconque y était à ce moment-là, tout se déroulait normalement. "

" La poulinière semblait plus lasse, beaucoup plus qu'auparavant, mais nous avons mis cela sur le compte de l'âge. Elle a fait ce qu'il fallait pour lui et durant quelques heures tout semblait bien aller.

Mais nous avons constaté qu'elle ne s'en était pas sortie aussi facilement que d'habitude. Elle n'était pas elle-même, et cela inquiéta tout le monde parce que c'était une poulinière TRÈS aimée. Notre proprétaire, Mr (Joe) Thomson, l'adorait.

De toute façon, elle est restée et a nourri son nouveau fils toute la nuit, mais le matin, son état s'est détérioré, alors, les deux ont été conduits chez le vétérinaire.

Ils l'ont examinée, et immédiatement, ils ont voulu l'opérer, craignant que ce soit un saignement utérin. Mais elle est décédée sur la table d'opération alors qu'on la préparait pour la chirurgie. Nous étions tous anéantis, se souvient Bell.

Une hémorragie post-partum, se produit particulièrement chez les poulinières plus âgées, quand des saignements se produisent dans le ligament large de l'utérus ou directement dans la cavité abdominale. C'est ce qui s'est produit chez la maman de Courtly, et aussi brave et forte qu'elle fût… Mère Nature l'a rappelée.

Ceux qui étaient chez le vétérinaire lors de l'événement , ont pleuré.

Et parmi les larmes et le désarroi pour cette grande dame âgée, en silence, tout le monde savait que quelque chose d'autre était en jeu - le maigre Courtly, agé d'un jour, avait de gros ennuis.

J'ai alors appelé la ferme pour le leur annoncer, et sans que je doive en dire plus, les gars ont couru directement au paddock des poulinières pour essayer de lui trouver d'une nouvelle maman.

C'est, après tout, la période durant laquelle un nouveau-né s'adapte èa la vie èa l'extérieur du ventre. Ses 48 premières heures sont quand ses premières respirations gonflent l'alvéole de ses poumons. Un pontage artério-veineux, qui, avant la naissance, canalisait le sang maintenant la vie passé le système pulmonaire, se refermait dès lors, afin que du sang fraîchement oxygéné puisse être envoyé des poumons au reste du corps.

Courlley changeait de façon importante et rapide, même s'il était encore à la Clinique vétérinaire, et il avait besoin d'une maman.

" Par chance, il a reçu son premier colostrum de sa mère et elle l'a nourri pour sa première journée, laquelle est critique, " dit Bell.

C'est tellement vrai. Quand un poulain se nourrit pour la première fois, son tube digestif se met en action par une rafale d'hormones, d'enzymes et autres substances. C'est l'étape préparatoire immédiate de vie pour un cheval.

Entre-temps, d'autres systèmes vitaux tels : le rénal, thermorégulateur, neurologique, comme par magie et rapidement, se mettent en marche, prêts pour répondre aux demandes de ce dur nouveau monde.

La vaste majorité du temps, tout cela se déroule sans accroc... mais pas cette fois.

" Nous nous préparons pour ce genre de désastre, mais je fus tellement soulagé quand ils m'ont rappelé pour me dire qu'une autre de nos poulinières âgées, CR Daniella, avait ce matin, alors que je me trouvais chez le vétérinaire, avait accouché d'un poulain mort-né.

" Nous nous sommes empressés de ramener Courtly à la maison, l'avons directement présenté à Daniella, et ils se sont instantanément rejoints. Je pense qu'elle n'a jamais su que ce n'était pas son bébé et elle l'a élevé à partir de ce moment. "

Une semaine plus tard, il gambadait autour du paddock avec les autres poulains. Heureux comme un roi.

Mais avant Courtly, comme il ruait, ne connaissant pas le drame de son histoire familiale, l'attendait des milliers de milles d'entraînement en piste, des rivaux talentueux, des horaires de voyages, un régime, plus de travail rapide, de temps de guérison, de roues qui se verrouillent, la malchance, et en plus de tout cela, le Jour LBJ.

Dès le premier moment, Courtly avait été emmené aux limites de l'endurance, mais comme nous le savons maintenant, il allait répondre au désespoir avec détermination; souffrir avec espoir et ténacité; à la malchance avec arrogance et rébellion.

Son destin, que ce soit le triomphe ou la tragédie, a été, que dès que sa mère adoptive l'ait accepté, il allait s'accrocher aux fils friables de sa volonté.

Et c'est ainsi qu'il coure ces jours-ci. Peut-être que sa lutte de la première heure lui a inculqué le modèle pour sa vie en piste.

" J'ai commencé à le voir à Winbak alors qu'il avait 8 mois ou à peu près " de se rappeler MacIntosh. " J'ai d'abord eu un coup de coeur pour lui parce que quand j'étais en relation avec Casie (Coleman), j'étais impliqué auprès de son grand-frère Chedder, (Betterthanchedder), et il était un cheval fort, alors je me suis dit que Courtly le serait aussi. "

Lorsqu'il a été présenté pour l'encan de Lexington, j'ai aimé son apparence, alors quand l'enchère atteignit 60 000 $, je me suis tourné vers mon épouse, Leanne, et lui dis, " tu sais quoi - allons-y. Elle m'y avait encouragé depuis le début de toute façon. D'une certaine façon, elle le savait. Alors je l'ai acheté. "

" Je ne connaissais rien de ses premiers jours (le décès de sa mère), tout ce que je voyais dans ce cheval c'était qu'il me rappelait tellement Chedder, et il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour intéresser d'autres partenaires à s'y impliquer. Ce qui fut un grand soulagement, car 60 000 $, représentait le montant le plus élevé jamais payé pour un cheval. "

Avant l'achat de Courtly Choice à 60 000 $, les 30 000 $ investis dans Clear Idea l'année précédente, étaient le plus gros montant jamais dépensé par Blake pour acheter un yearling. MacIntosh, tout récemment a dit à TROT " qu'il avait ressenti un malaise " au moment où le marteau est tombé. Mais il ne se sent plus aussi malade aujourd'hui à ce sujet!

Revenons à aujourd'hui, Courtly est millionaire. Il est le meilleur ambleur de trois ans en Amérique du Nord, et il a possiblement la carte génétique pour devenir un grand étalon. Cette année 2018 en a été une incroyable, pour ne pas dire plus, mais peut-être n'aurons-nous pas en fait l'opportunité de célébrer toute sa grandeur au-delà de cela.

Maintenant qu'il a gagné le Meadowlands Pace ainsi que le Little Brown Jug, la vie pourrait bien faire qu'il soit retraité à Winpak avant d'atteindre l'âge de quatre ans.

" Ce qui, si je suis honnête, me détruit. C'est un cheval de course d'une vie, et quand le jour viendra où il quittera l'écurie, ce sera un bien triste jour, " dit Blake.

" Dans mon coeur, je veux qu'il continue à courir. Mais, la réalité commerciale étant ce qu'elle est, il se pourrait qu'il ne revienne pas en tant que quatre ans, si bon puisse-t-il être en ce moment, ce qui signifie que nous avons besoin de l'envoyer à la reproduction au faîte de sa gloire. Le risque est trop grand. "

" Garrett Bell, qui ne sait toujours pas dans quelle écurie Winbak Courtly ira, s'est dit d'accord. "

" Il suffit de se référer à Captaintreacherous. C'était une supervedette à trois ans et il n'est pas revenu à quatre ans, alors tandis que oui nous voudrions le voir continuer à courir, et que nous croyons qu'il pourrait se développer en un cheval de fer, le pari est trop gros. "

" Présentement, je détiens 12,5 % des parts sur lui, au moment de sa retraite, j'en conserverai 10 %, " dit MacIntosh. " Alors, ma poche est en contradiction avec mon cœur. En allant à la reproduction à un jeune âge, avec les deux étalons qui empochent de grandes victoires derrière lui, ainsi que tous les souvenirs emmagasinés dans l'esprit des éleveurs de sa journée du Little Brown Jug, signifient qu'il devrait me rendre heureux pour au moins les dix prochaines années, " dit un Blake souriant, qui accorde tout le crédit aux vénérés et respectés entraîneurs Donnie Rankin Jr, Richard Carroll, ainsi que Dana Lloyd, qui ont été son inspiration dans le succès.

" Ils ne le savent pas, mais je m'en référais à eux, je regardais tout ce qu'ils faisaient et j'ai énormément appris de leurs compétences."

Ce qu'il devait faire, car voilà quelqu'un qui avait étudié à l'université en affaires, parce que son père voulait qu'il reprenne éventuellement le bureau de courtier d'assurances familiale.

Lorsqu'il était à l'école tout jeune, il n'avait aucun plan ou route à suivre vers le succès dans le domaine du standardbred.

Mais il en fut ainsi, et aujourd'hui il est sur le point de devenir riche, après avoir suivi ses propres rêves et instincts. Blake et Leanne MacIntosh, sont " plus riches maintenant qu'ils ne l'étaient au cours des dernières années, alors qu'ils devaient inscrire des chevaux pour la course, tout en espérant gagner assez d'argent pour survivre ce mois-là, " dit-il.

Je souhaite sincèrement qu'un projet de film se réalise sur ce sujet.

Dans le domaine des courses de chevaux sous harnais, Courly et Blake sont devenus tout aussi importants dans le tissu d'exploits internationaux du Canada que Avril Lavigne, Ryan Gosling, John Tavares (Blake est heureux qu'il soit avec les Leafs maintenant), Donovan Bailey, etc., qui, tous, comme Blake MacIntosh, sont originaires et ont grandi en Ontario.

Pour être honnête, Blake ainsi que son cheval ne sont pas du type mégastar comme 'The Great One' ou Justin Bieber, mais certainement, ce qu'ils ont accompli devrait être reconnu à l'échelle internationale.

Et ces grandes réalisations sont survenues au cours de l'année 2018 - une très bonne année pour devenir célèbre semble-t-il.

RENDRE À CÉSAR CE QUI APPARTIENT À CÉSAR

Se rappelant les premières leçons enseignées à Courtly Choice, de son dressage à son entraînement jusqu'à l'âge de deux ans, l'entraîneur Blake MacIntosh s'empresse de souligner le travail de l'un de ses assistants-entraîneurs, un homme de chevaux de longue date, Mike Pennington, pour beaucoup des succès de Courtly Choice.

"Quand nous les entraînons, nous y allons toujours en groupes - habituellement des groupes de quatre personnes, " de raconter MacIntosh. " Penny semblait être celui qui s'entendait le mieux avec Courtly . Courtly a toujours été un poulain quelque peu paresseux dans son jeune âge, et Mike est le meilleur pour amadouer un cheval - alors Mike était toujours avec lui. Il le faisait marcher la plupart du temps, et il a aussi entrepris son entraînement en majeure partie. Mike mérite beaucoup de crédit pour faire que ce poulain arrive là où il est aujourd'hui."


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